‹ Conquête de Constantinople (volume 2)Chapitre 197 sur 309 · I F, tfmm sien cheval morel qu*U apoit · texte numérisé non relu

I F, tfmm sien cheval morel qu*U apoit

5io. — » C, i*«i sont parti; E, i*<« parti. — » CE, tient, — » C, a/aire.

l'empereur sauve uénard. 3ii '

prud^hommes de Tannée dirent qu^il avait fait une folle hardiesse^ et que nul homme ne le devrait plaindre sMl lui mésavenait de cette entreprise. A quoi bon ce discours? On ne le suivit pas ; et il eût été pris et retenu sans faute ^ si ce ne fût Tempereur; mais par la grande courtoisie et la grande hardiesse de son cœur^ il entreprit tout seul la délivrance de son homme.

509. Quand Tempereur vit que Liénard n'en pouvait réchapper sans mort ou sans prison^ il monta sur son cheval Moreau^ puis le piqua des éperons, et se dirigea vers un Blaque. Et quand il vint à rapprocher^ il le frappa dans le côté avec sa lance^ si fort que le fer en sortit d^autre part; et P^autre^ qui ne put soutenir le coup^ tomba à terre comme n^en pouvant mais. Moreau fut blessé en deux endroits.

5 10. Et quand ceux qui tenaient Liénard virent venir Tempereur embrasé de colère et de vengeance^ ils n'eurent souci d'attendre^ mais lui laissèrent Liénard; et l'un s^enfuit de çà^ et Tautre de là. Et néanmoins Liénard fut blessé à la main (de flèche ou d^épée^ je ne sais). Et Tempereur lui dit en colère : <c Liénard ! Liénard ! que Dieu me parce donne ! qui que ce soit qui vous tienne pour sage^ je vous tiens pour « fou ; et je sais bien que moi-même je serai blâmé pour votre fait, d

5 1 1 . Ainsi que vous avez ouï^ Liénard fut délivré par Tempereur . Et l'empereur même y alla assez follement; car il n^avait de défense pour son corps à ce moment qu^une simple veste rembourrée ;- et néanmoins il dispersa tous les Blaques qu^il poursuivit dans cette pointe. Et parce qu'il eut peur et crainte que son cheval ne fût tué ou blessé^ il s^en retourna au petit pas^ ayant au poing son pennon tout ensanglanté. Et au cheval il paraissait assez qu^il y avait eu besoin de réperonner; car le sang lui coulait par les deux côtés^ et il était blessé en deux endroits. Et à peine ceux de la compagnie de Tempereur savaient-ils encore où il était allé ; et ils en étaient assez tristes et déconfortés. Et pour leur donner confort^ il leur dit qu^ils fussent tout rassurés.

5 12. Et quand Pierre de Douai le vit^ il vint à lui^ et lui dit :

5 1 1. — « C, par la main Vempereour. — » C ajoute arwiés, — » C, ce point, — ♦ C, ettoit. — » C, furent moult,

5 13. — I Qi'm vint tout droit.

3l2 HISTOIRE DE L^EMPEREUR HENRI.

« Sire^ sire^ teus hom comme vous iestes, et ki tant de preudomes a « à garder et à gouvrener comme vous a vés, ne se doit mie si folement « départir de ses homes comme vous à ceste fois vos en iestes depar- (( tis. Car s'il avenist ke * vous i fussiés, par aucune mésaventure, u « mors u pris, ne fiissiemes-nous tout mort et deshouneré? Oill, se « Dex me saut * ! Nous n'avons chi autre fremeté ne autre estandart <c fors Diu tant seulement et vous. Or vous dirai une cose, s'il vous « plaist ^y ke jou voell ke vos saciés : ke se vous une autre fois vous « embatés en autel péril* (dont Dex vous gart!'), nous vous c( vous rendons chi or endroit tout chou ke nos tenons de vous. »

5i3. Et quant li empereres entent comment Pieres de Douay le vait reprendant* por s'ounour, si li respondi molt deboinairement : « Qertes, Pieres, bien sai ke joui alai trop folement; si vous pri ke « vous me le pardonnes, et jou m'en garderai une autre fois. Mais che a me fist faire Lyenars, ki trop folement s'i embati ; si Pen ai plus « laidengié et dit de honte ke jou ne deusse. Et nonporquant, s'il i « fust remés *, trop fust vilaine cose à nous. Car ki piert un si preu^ « dôme comme il est, chou est damages sans restorer, et mains en se- <c riesmes cremu. Mais raies en vostre conroi, et laissommes les Blas « à tant, et tornons viers Phinepople. »

5 1 4. Puis ke li empereres Tôt commandé, nus n^i mist * contredit. Lors vinrent viers Phinepople, et se logierent hastivement. Et quant li très Tempereour fu tendUs, si se fist maintenant desarmer *; et puis s'est un petit desjeunés de pain bescuit et de vin. Si fisent li autre (ki l'orent) ; et ki ne Pot, si l'en convint consirer. Car bien saciés k'en douse grans jomées ne croissoit ne blés, ne orges, ne vins, ne avaine. Et quant nostre gens virent k'il en tel terre s'estoient embatu, nus ne se doit mervellier se il furent • desconforté.

5 1 a. — « C, or, sire regarde\ donkes que «ff. — > F, quar se vos par aventure ifussUs mort ou pris, nos fusions tuitpris et mort et deshonoré. — « C omet s'il vous plaist. — » Q en autretei point; G ajoute sans conseil. — * C ajoute et nous aussi.

p. DE DOUAI RÉPRIMANDE L'EMPEREUR. 3i3

« Sire, sire, un homme tel que vous êtes, et qui a autant de prudUiom- « mes à garder et à gouverner que vous en avez^ ne se doit pas sé- <c parer aussi follement de ses hommes que vous vous en êtes séparé « cette fois. Car s'il fût advenu que vous y fussiez, par quelque mésa- « venture^ ou tué ou pris, n^édons-nous pas tous morts ou déshonorés ? a Oui, Dieumepardonne ! Nous n'avons ici d'autre rempart ni d'autre « étendard que Dieu seul et vous. Or je vous dirai, s'il vous plaît, « une chose que je veux que vous sachiez : c'est que si vous vous a jetez une autre fois en pareil péril (dont Dieu vous garde!), nous « vous rendons ici à l'instant tout ce que nous tenons de vous. »

5i3. Et quand l'empereur entend comment Pierre de Douai le va reprenant pour son honneur, il lui répondit bien débonnairement : « Certes, Pierre, je sais bien que j'y allai trop follement; et je vous «c prie que vous me le pardonniez, et je m'en garderai une autre fois. « Mais ce qui me le fit faire, c'est Liénard, qui s'y jeta trop follement ; « aussi lui en ai-jeplus dit de reproches et fait honte que je ne dusse. « Et néanmoins, s'il y fût resté, c'eût été trop vilaine chose pour nous. a Car perdre un prud'homme tel qu'il est, c'est un dommage à ne pas a réparer, et nous en serions moins redoutés. Mais retournez à votre « compagnie, et laissons les Blaques maintenant, et tournons vers <c Finepople. »

IV. L'empereur arrive à Finepople, et finit fourrager malgré Fennemi.

514. Après que l'empereur eut commandé, nul n'y contredit. Alors ils vinrent vers Finepople, et se logèrent bien vite. Et quand la tente de l'empereur fut tendue, il se fit aussitôt désarmer; et puis déjeuna un peu de biscuit et de vin. Ainsi firent les autres (ceux qui en avaient); et celui qui n'en avait pas, il lui fallut s'en consoler. Car sachez bien qu'en douze grandes journées de marche il ne croissait ni blé, ni orge, ni vin, ni avoine. Et quand nos gens virent qu'ils s'étaient^ lancés en tel pays, nul ne se doit émerveiller s'ils furent déconfortés.

5 1 3. — » F, ramposnant, — * C, demourés.

514. — » C, n*i ot nul qui i mesist. — » C, sf s^estfait desharnier, — » C, fi «1 ^nnt molt ejfrté, en omettant ma ne, etc.

3 14 HISTOIRE DE l'eMPEREUR HENRI.

5x5, Pieres de Douay et Reniers de Trit et Ansiaus de Chaeu^ et pluisour autre chevalier, s'en vinrent devant Phinepople en fiierre pour les fourriers garder. Dont gardèrent devant els ; si ont les Blas coisis, kl tout estoient entalenté d'aus faire anui * s'il faire le pevussent. Nonporquant il orent nos fouriers arestés devant Phinepople, et fourclos de lorgent meismes. Ensi comme il estoient en tel manière*, vint uns messages à Tempereour, ki li dist k'il montast errant, et k'il venist secourre ses fourriers; car li Commain et li Blac les avoient assaillis.

5 1 6. Et quant li empereres Toï, si se fist maintenant armer, et aussi ses homes ^; et puis lor dist k'il pensassent, cascuns endroit lui, dou bien faire, et ne quidassent pas ke chîl Sire ki fais les avoit à se propre samblanche et à s'ymage, les evust entroubliés * por celé chienaille. « Se vous, fait-il dont, metés vostre fianche del tout en lui et « vostre esperanche, n'aies jà paour ne doutanche k'il contre vous c< puissent eure durer *. »

517. Ke vous diroie-jou? tant lor a li empereres* preecié* de Nostre Segnor, et mis avant de boines paroles et amonnestés de bieles proeches, ke il n'i ot si couart ki maintenant ne fust garnis de hardement, et desirrans de proeche faire, s'il en pooit venir en point. Ensi preece li empereres ses homes et amonieste de bien faire, tant ke tous les a resvigourés.

5x8. Et Pieres de Douay et Ansiaus de Qiaeu et Reniers de Trit ierent devant Phinepople, ensi comme vous avez oï, pour les fourriers garder*. Et endemenlres * k'il entendoient au furrer, comme chil ki^ bien besoigne en avoient, à tant es vous venir sour aus Blas et Commains; et envolèrent avant lor archiers * huant et glatissant, et faisant une noise si grant k'avis estoit ke toute le plaigne * en tremblast.

6x9. Li jours estoit biaus, et li cans * si plains k'il n'i avoit fossé, ne mont, ne val. Et s'or ne remansist * li bataille de le partie des Blas et des Commains, bien croi ke de le nostre partie ne remansist ' elle

5i5. — < C ajoute etptsanche, — 'C, tel point.

5f 6. — I D, tijist maintenant armer ses homes ; C,.... tout maintenant,,,.,, tous ses homes; G» dont s'apareilla li empereres et fist l'ost monter,^ > C, oubliés, — > C, awir durée ; E, errer ne durer; F aler ne durer.

l'ennemi attaque les FOURRAGEURS. 3i5

5 1 5 • Pierre de Douai et Renier de Trit et Anseau de Cayeux, et plusieurs autres chevaliers, s'en vinrent devant Finepople au fourrage pour garder les fourrageurs. Ils regardèrent donc devant eux ; et ils aperçurent les Blaques, qui étaient tout disposés à leur faire de Pennui s'ils le pouvaient faire. Ceux-ci cependant ont arrêté nos fourrageurs devant Finepople, et les ont séparés de leurs gens mêmes. Alors qu'ils étaient en cette manière, vint un messager à l'empereur, qui lui dit qu'il montât vite à cheval, et qu'il vînt secourir ses fourrageurs; car les Comains et les Blaques les avaient assaillis.

5i6. Et quand l'empereur l'ouït, il se fit armer aussitôt, et ses hommes aussi; et puis leur dit qu'ils pensassent, chacun en son endroit, à bien faire, et ne crussent pas que ce Seigneur qui les avait £aits à sa propre ressemblance et à son image, les eût oubliés poUr cette canaille. <c Si vous mettez, dit-il donc, votre confiance tout à fait <c en lui et votre espérance, n'ayez ni peur ni inquiétude qu'ils puisât sent tenir une heure contre vous. »

517. Que vous dirais-je? L'empereur leur a tant prêché Notre- Seigneur, et adressé de bonnes paroles et conseillé de belles prouesses, qu'il n'y en eut pas, si couard fût-il, qui maintenant ne fût rempli de hardiesse, et désireux de faire des prouesses, s'il en pouvait trouver l'occasion. L'empereur prêche ainsi ses hommes et les exhorte à bien faire, tant qu'il les a tous réconfortés.

5 1 8. Pierre de Douai et Anseau de Cayeux et Renier de Trit étaient devant Finepople, ainsi que vous avez ouï, pour garder les fourrageurs. Et pendant qu'ils s'occupaient de fourrager, comme gens qui en avaient bien besoin, voici venir sur eux Blaques et Comains; et ils envoyèrent en avant leurs archers hurlant et aboyant, et faisant si grand bruit qu'il semblait que toute la plaine en tremblât.

5 19. Le jour était beau, et la plaine si unie qu'il n'y avait ni fossé, ni montagne, ni vallée. Et si la bataille n'en fût restée là de la part des Blaques et des Comains, je crois bien qu'elle n'en fût pas restée

517. — « D, tèoitre sires liempereres, — ' C, tant ala H empereres preechier,

5 18. — 1 C omet ^ordSpr. — *CDE, et quoi, — * C^ et faisaient lor archiers venir pardevant a»s* — * C, que il sambloit que tous H chemins,

3 19. — * C, /j cHampaigne. — > CE» remanoit, — > CE, remandroiL

3l6 HISTOIRE DE L'eMPEREUR HENRI.

pas. Car li empereres fu armés et montés sor un cheval bayait, por chou ke Moriaus, ses autres chevaus, estoit navrés si comme vous avés oï. Et quant il fu montés, si armés et si aparelliés comme à lui convint, bien sambla prinches kl terre eust ^ à garder et à maintenir.

520. et Segnour, fait-il dont à ses homes *, vous véés pre bien ke il « est mestiers ke cascuns soit preudom et loiaus endroit soi *. Or soit « cascuns de nos faucons , et nostre avresaire soient ' bruhier. « Prenge cascuns reconfort en soi-meismes, car desconfors n'i vaut « noient ; et nos les desconiirons toz. Et se nos avons mains de gent « par deviers nous * ke il n'ont, nos avons Diu pardeviers nous en u le nostre aide. »

52 1 . A tant se metent à le voie, et chevaucent contre Blas et Commains. Et lues ke il perchoivent Toriflambe l'empereour, et les autres ensegnes ki sont en se compaignie, et nostre gent ki bien estoient priés de deus mile, Blac et Commain s'en retoment sans plus faire à celé fois; et nostre gent se retraient* arrière sans encaucier. Et nonporquant, se il ne fussent si travellié comme il estoient, volentiers fussent assamblé. Et lor gens s'en raia par devers le montaigne, et li nostre retoma à Fost.

522. Celé nuit deyiserent lor batalles, et ordenerent ki poinderoit premerains se che venoit à l'assambler. Si i esgarderent Pieron de 'Braiescuel et Nicholon de Mailli : à ces deus fu li cose commandée. Puis lor commenchauns capelains de l'ost, ki Phelippes estoit apielés, à monstrer * le parole Nostre-Segneur, et dist :

523. « Biau segnor, vous ki chi estes assamblé por le service Nos- « tre Segnor *, por Diu gardés ke li paine ne li travail ke vos avés eu c< ne soient pierdu. Vos estes chi assamblé en estrange contrée, ne n'i

519. — * Dans CE les verbes sont au présent : est^. conpienU,, tambie.^ ait.

520. — • C omet dont à ses homes, — » F ajoute, et nos somes penu au point qu'il nos copient esploiticTy et haster de secorre nostre gent, — * D, opresaires soit, ^ * C omet par deviers nous.

l'ennemi refuse le combat. 3 17

là de notre part. Car l'empereur était armé et monté sur un cheval bai^ parce que Moreau^ son autre cheval^ était blessé ainsi que vous avez ouï. Et quand il était montée armé et équipé ainsi qu^il lui appartenait^ il avait bien Tair d^un prince qui eût terre à garder et à maintenir.

520. « Seigneurs^ fait-il donc à ses hommes^ vous voyez bien « maintenant qu^il faut que chacun soit prud^homme et loyal en son «c endroit. Or que chacun de nous soit un faucon, et que nos adver- « saires soient des éperviers bâtards. Que chacun prenne courage <c en soi-même^ car le découragement ne vaut rien ; et nous les dé- « confirons tous. Et si nous avons moins de gens par-devers nous « qu% n'en ont, nous avons par-devers nous Dieu en notre aide, j»

521. Alors ils se mettent en route^ et chevauchent contre les Biaques et les Comains. Et dès qu'ils aperçoivent l'oriflamme de l'empereur, et les autres enseignes qui sont en sa compagnie^ et nos gens qui étaient bien près de deux mille^ Blaques et Comains s'en retournent sans plus faire cette fois; et nos gens se retirent en arrière sans les poursuivre. Et néanmoins^ s'ils n'eussent été aussi fatigués qu'ils étaient^ ils eussent volontiers combattu. Et leurs gens s'en allèrent par-devers la montagne^ et les nôtres retournèrent au camp.

V. Les croisés se préparent au osujibat par la confession ; Fempereur

les exhorte à bien faire.

522. Cette nuit ils réglèrent leurs corps de bataille^ et décidèrent qui attaquerait le premier si on en venait au combat. Ils choisirent Pierre de Bracieux et Nicolas de Mailly : à ces deux-là fut confiée la chose. Puis un chapelain de l'armée, qui était appelé Philippe^ commença de leur annoncer la parole de Notre-Seigneur^ et dit :

523. a Beaux seigneurs^ vous qui êtes ici assemblés pour le ser- « vice de Notre-Seigneur, gardez pour Dieu que la peine et les trace vaux que vous avez eus ne soient perdus. Vous êtes ici assemblés

521. — « D, s'en rétament; C, se sont retrait; E, se retraient, 532. — * D, amonnester, 523, — ^CàjouU faire.

3l8 HISTOIRE DE l'eMPEREUR HENRI.

<c avés casdel ne recet ù vos aiiés esperanchede garant avoir^ fors les « escus et les espées et les chevaus*, et Taide de Diu premièrement^ li- « quele vos serra prestée, pruec ke vous soies confiés à vo pooir. Car (( confiessions o vraie repentance ' de cuer si est eslavemens de toz a visses. Et por chou prions-nous à toz ke cascuns soit confiés à son <c pooir. »

624. Tout ensi lor anoncha li capelains Phelippes le parole Nostre-Segneur. Et quant che vint à Tendemain par matin^ li os * se desloga et s'arma. Et li capelain kiestoienten Tost célébrèrent le sierviche Nostre-Segneur en Tounour dou Saint-Esperit , por chou ke Dex lor donnast hounour et viaore contre leur anemis. Apriès che se confiessierent li preudome par Tost^ et puis rechurent corpus Domini^ cascuns endroit soi, au plus dévotement k'il pot *• Puis fu prise li sainte Crois de no rédemption^ et fu commandée au capelain Phelippe por chou ke il le portast.

525. Apriès che, se murent les batailles molt ordenéemènt, cascuns garnis et apparelliés de son corsdeffendre u d'autrui assaillir, se faire le convenist. Et fu droit une nuit saint Piere, le premerain jourd^auoust. Ki là fust à cel points assés peust veoir * banieres et escus de divierses connissanches, et desus toutes Pensegne emperial, et Tempereour meismes ki vait ses batalles ordenant et destraingnant de Tune partie. Et Pieres de Braiescuel faisoit auté * de l'autre part, entre lui et Nicholon de Mailli.

526. Li jors estoit biaus et seris, et li plains tant ingaus ke il n'i avoit mal pas, ne cose ki destorber ^ les peust. Or ne porent-il veoir ke il mais * peust remanoir sans bataille, à chou ke lor anemi estoient assés priés d'aus, dejouste * une bruiere. Et Buriles, ki avoec aus * estoit, ot ordenées ses batailles et mises en conrois. Si commenchierent lors à aprocier li un des autres, si ke auques s^entreconnurent. Li noise i estoit si grans de toutes pars, et li tumulte et li hanissemens des chevaus, ke on nM oïst neis Diu tonnant *.

533. — > C, IM escus, vos lances, vos espées et vos chevaus. — ' C, ceuvre compuuctiou ; F, ou vraie compunction, $34. — * F seul donne li os. — * C, kHl onques parent.

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