‹ Conquête de Constantinople (volume 2)Chapitre 198 sur 309 · LA CONFESSION AVANT LA BATAILLE · texte numérisé non relu

LA CONFESSION AVANT LA BATAILLE

« en contrée étrangère, et n'y avez château ni retraite où vous ayez « espérance d'avoir sûreté, hors les écus et les épées et les chevaux, et « Taide de Dieu premièrement, laquelle vous sera prêtée, pourvu « que vous soyez confessés selon votre pouvoir. Car la confession avec « vraie repentance de cœur est le baptême de tous vices. Et pour cela « nous vous prions tous que chacun se confesse selon son pouvoir. »

524. Ainsi leur annonça le chapelain Philippe la parole de Notre- Seigneur. Et quand vint le lendemain matin, Tannée délogea et s'arma. Et les chapelains qui étaient dans le camp célébrèrent le service de Notre-Seigneur en l'honneur du Saint-Esprit, pour que Dieu leur donnât honneur et victoire contre leurs ennemis. Après cela les prud'hommes se confessèrent dans le camp, et puis reçurent le corps du Seigneur, chacun en son endroit, le plus dévotement qu'il put. Puis fut prise la sainte Croix de notre rédemption, et fut confiée au chapelain Philippe pour qu'il la portât.

525. Après cela, les corps de bataille s'ébranlèrent bien en ordre, chacun armé et équipé pour défendre sa personne ou attaquer autrui, s'il le fallait faire. Et c'était juste la nuit de la Saint- Pierre, le premier jour d'août ( 1 207). Qui eût été là en ce moment, eût pu voir assez de bannières et d'écus avec armoiries diverses, et surtout l'enseigne impériale, et l'empereur même qui va ordonnant et déployant ses troupes d'une part. Et Pierre de Bracieux en faisait autant d'autre part, lui et Nicolas de Mailly.

526. Le jour était beau et serein, et la plaine si unie qu'il n'y avait ni mauvais pas^ ni rien qui les pût déranger. Or ils ne pouvaient croire qu'on pût encore rester sans se battre, parce que leurs ennemis étaient assez près d'eux, le long d'une bruyère. Et Burile, qui était avec eux, avait ordonné et mis en rang ses corps de bataille. Ils commencèrent alors à approcher les uns des autres, si bien qu'ils se distinguaient assez entre eux. Le bruit était si grand de toutes parts, et le tumulte et le hennissement des chevaux, qu'on n'y eût pas ouï même Dieu tonnant.

535. — * C adonqués peust veoir maintes, — * D seul àonnt faisait auté,

536. — I CE, destoumer, -^^C, qui mais, — * C, sont si pris cteus sur» — « CE, qui d'autre part, — * C, c*<m tCeust pas ot tonner.

320 HISTOIRE DE l'EMPEREUR HENRI.

527, Et li empereres Henris vait se gent sermonnant d^esciele en esciele^ et disant : <c Segneur^ je vos pri à toz communément ke vous « soies hui cest jor * frère li uns à l'autre; et se il a entre vous par au- « cune mésaventure *, courous ne ire, ke tout soit entrepardonné *. Et <c ne vous esmaiés point, mais soies tout hardi et tout seur; ke nous « les vaincrons hui, se Diu plaist. d Et il respondirent ke de chou ert li consaus pris, ke jà de couardie n'i aroit parlé* ne pensé. Kevous diroie-jou ? Par le prédication del boin empereour Henri, et por chou ke cascuns estoit confiés selonc son pooir et cumeniiés, cascuns estoit convoitans et * desirans de conquerre ses anemis.

528. Et endementiers k'il parloient ensi, li marescaus de nostre ost esgarda par-desoz un casai ^, et pierchut le gent Burille ki venoient huant et glatissant, et menant une si grant tempieste ke* bien cuidoient contrester à nos fourriers. Joffirois, ki marescaus estoit de nostre ost, manda à Tempereour ke il aroit le bataille contre Burile le trahitour, ki empereour se faisoit contre Diu et contre raison, et ke il chevauçast. Et quant li empereres Toï, si li plot molt durement chil mandemens; car molt estoit desirans à avoir le bataille.

529. « Biaus Sire Dex, dist-ii, plaise vous ke nous hui nospuis- « sons vengier des Blas et des Commains, s'il vous vient à plaisir'. » Lors apiela Pieron de Douay, .et li dist ke il molt se fioit en lui, et ke il por Diu ne Teslongast * point ke il tout adiès ne li fust priés en ceste besoingne por son cors garder. « Car j'ai, dist-il, molt grant joie « de che ke je voi ke il atendent ; car s'il fesissent samblant de fuir, et « Buriles vausist apriès lui ardoir le terre, sachiés bien ke je n'eusse <c nule fianche en nostre repaire '; ains fust cascuns de nous pierdos « par droite famine et par soufraite de viande, d

537. — > C» au jour de hui ausi corn tout; F, que 90s^ pour Deu^ soies hui en cest jor /«i^ — s C omet par aucune mésaventure, — * C, soit pardonné. — ^ F, que de ce estoient il bien asseur^ ne quejà coardie nU auroit nef et fi«. — & C omet convoitans et.

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