XIV NOTICE
qui lui permirent d'améliorer, dans une certaine mesure, le texte de l'édition de Lyon. Toutefois, de la combinaison attentive et judicieuse de ces éléments^ il ne résulta que des modifications de peu d'importance, et le récit de Ville-Hardouin resta, dans l'édition d'ailleurs si précieuse de Du Cange, tel à peu près qu'on avait pu le lire dans celle de Lyon. La raison en est que la collation du docte éditeur porta sur des textes dérivant de la même source que le manuscrit A.
Quel est donc ce manuscrit AI II renferme un texte copié par un Italien, sous le règne de Philippe de Valois, conservé longtemps à Venise, et appartenant depuis plus de deux siècles à la Bibliothèque nationale. Un autre manuscrit semblable, dont M. Paul Mefer a bien voulu collationner pour moi des passages tout à fait caractéristiques, et qu'il attribue à la même main, appartient à la bibliothèque d'Oxford. C'est l'un d^ ces deux manuscrits, ou un manuscrit équivalent, qui a servi de base aux éditions de i585 et de 1601, puisque la collation du manuscrit A, due aux soins de Du Cange, n'a pas sensiblement modifié, même dans ses détails les moins importants^ le texte que ces deux éditions avaient fait connaître. Je puis ajouter qu'en reprenant la même collation, y ai acquis la certitude que ce fait ne saurait être contesté.
Le Ville-Hardouin de Du Cange, amélioré par dom Brial, dérive donc d'un manuscrit du quatorzième siècle, copié en Italie et probablement à Venise. Le principal défaut de ce manuscrit, c'est qu'on y remarque un grand nombre d'omissions et plusieurs mauvaises leçons, dues à V inadvertance du copiste ou ^ l'imperfection du manuscrit plus ancien qu'il avait sous les yeux. Toutes ces lacunes et toutes ces fautes, qui se retrouvent dans les trois premières éditions, fournissent autant de preuves évidentes de leur unité d'origine. Dom Brial a constaté, à l'aide des manuscrits B et C, plusieurs de ces imperfections, dont la plupart n'avaient pu être soupçonnées par Du Cange ; mais le nouvel éditeur s'est presque toujours astreint à signaler seulement dans les notes ce qui man-