‹ Conquête de Constantinople (volume 2)Chapitre 78 sur 309 · ALEXIS MANQUE A SA PAROLE · texte numérisé non relu

ALEXIS MANQUE A SA PAROLE

fut bien utile aux pèlerins qu^ils eussent passé vers eux. Ainsi furent divisés les Francs et tes Grecs ; car ib ne furent pas aussi unis qu'ils avaient été devant : et ils ne surent à qui s^en prendre ; et cela leur pesa de part et d'autre.

206. En ce temps^ il leur advint une chose dont les barons et ceux de Tannée furent bien attristés; car Tabbé de Loos mourut^ qui était un saint homme et un prud^homme y et qui avait voulu le bien de Tarmée ; et il était moine de Tordre de Cîteaux.

XLV. Le jeune Alexis rentre à Constantinople; il manque de parole

aux croisés.

207. L^empereur Alexis demeura ainsi bien longuement^ jusqu'à la Saint-Martin (i i nov.)^ dans Texpédition où il était allé; et alors il revint à G>nstantinople. Bien grande fut la joie de leur venue ; car les Grecs et les dames de Constantinople allèrent à la rencontre de leurs amis en grandes chevauchées; et les pèlerins allèrent aussi à la rencontre des leurs, dont ils eurent bien grande joie. L'empereur rentra ainsi à Constantinople au palais de Blaqueme ; et le marquis de Montferrat et les autres barons s'en retournèrent au camp.

208. L'empereur, qui avait très-bien fait son affaire et pensait bien avoir pris le dessus, s'enorgueillit envers les barons et envers ceux qui lui avaient fait tant de bien; et ne les alla pas voir au camp conmie il avait coutume de le faire. Et ils envoyaient à lui, et priaient qu'il leur fît payement de leur argent, ainsi qu'il leur avait promis. Et lui, les menait de répit en répit \ et illeur faisait de temps à autre de pauvres petits payements, et à la fin le payement devint néant.

20g. Le marquis Boniface de Montferrat, qui lavait servi plus que les autres et était mieux venu de lui, y allait très-souvent; et il lui reprochait le tort qu'il avait envers eux, et représentait le grand service qu'ils lui avaient rendu; car jamais si grand ne fut rendu à nul

crits GDEF nomment encore ici Isaac au lieu d'Alexis. — ' CD, moult fisent grantjoie de sa pênae H Gtieu et les gens de Constantinoble ; les dames alerent, — ^Xy s'en reparlèrent avec les pèlerins, J08. — » A, d*elx desseure ; D omet et mult, etc. — * C, si souvent,

chose qu'il lor creantast ne tenoit ; tant que il virent et conurent clerement que il ne queroit se mal non.

210. Et pristrent li baron de Post un parlement, et li dux de Venise; et distrent qu'il conossoient que cil ne lor atendroit * nul covent, et sine lordisoit onques voir; et que il envolassent* bons messages por requerre lor convenance, et por reprover lou servise que il li avoient fait; et se il le voloit faire, preissent le ; et s'il nel voloit faire, desfiassent le de par als, et bien li deissent qu'il pourchaceroient le lor si corne il poroient *.

211. A cel message fu esliz Coenes de Betune et Geoffirois de Vile- Hardoin li mareschaus de Champaigne, et Miles li Braibanz de Provins; et li dux de Venise i envoia trois * hais homes de son conseil. Ensi montèrent li message sor lor chevax, les espées çaintes ; et chevauchèrent ensemble trosque al palais de Blaqueme. Et sachiez que il alerent' en grant péril et en grant aventure, selon la traïson as Grés.

212. Ensique descendirent à la porte et entrèrent el palais, et troverent Tempereor Alexi et Tempereor Sursac son père seanz ' en deus chaieres lez-à-lez. Et delez aus séoit l'empereris qui ère famé al père et marastre al fil, et ère suer al roi de Hungrie, bêle dame et bone. Et furent à ' grant plenté de haltes genz, et mult sembla bien corz à riche prince '.

2 1 3. Par le conseil as autres messages mostra la parole Coenes de Betune, qui mult ère sages et bien enparlez * : « Sire, nos somes à toi « venu de par les barons de l'ost et de par le duc de Venise. Et sa- « ches tu que il te reprovent le grant servise * que il t'ont fait, con la « gens sevent et cum il est apparisant. Vos lor avez juré, vos et vostre

aïo. — « B, atendoit; CD, tenoit, — » B, acorderent quHl envoieroieni. — » Aomct et Hem li, etc.

ai I. — « CDEF omettent trois. — > CDEF, i aierent.

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