‹ Conquête de ConstantinopleChapitre 264 sur 326 · IV. SUR LA VALEUR INTRINSEQUE DES MONNAIES · texte numérisé non relu

IV. SUR LA VALEUR INTRINSEQUE DES MONNAIES

In donnant plus haut l'évaluation des quatre-vingt-cinq mille marcs d'argent stipulés par les Vénitiens pour le transport des croisés, j'ai négligé, pour plus de simplicité, un des éléments du calcul, et j'ai raisonné comme si nous n'avions pas d'autre monnaie que notre monnaie d'argent. Cependant la valeur de nos francs est fixée aussi bien relativement à l'or que relativement à l'argent, en sorte, par exemple, qu'une pièce d'or de vingt francs est l'équivalent monétaire de quatre écus de cinq francs. Un débiteur qui veut faire un paiement est donc libre de choisir entre les espèces d'or et d'argent, puisque la loi donne cours également aux unes et aux autres. Il en était de même au treizième siècle, notamment en France, sous le règne de saint Louis, où le débiteur d'une somme de cent sous tournois aurait pu se libérer en remettant à son créancier huit agnels d'or ayant cours chacun pour 1 2 sous 6 deniers, ou cent gros tournois ayant cours chacun pour un sou. Mais les cent sous payés en or ne seraient plus aujourd'hui comme alors l'équivalent des cent sous payés en argent; car les uns vaudraient à une fraction près 1 1 3 fr. 39 c, tandis que les autres vaudraient seulement 89 fr. 24 c. Cette différence s'explique par la circonstance que l'or valait en ce temps-là un poids d'argent douze fois et deux dixièmes de fois plus fort, tandis qu'aujourd'hui il vaut quinze fois et cinq dixièmes de fois son poids d'argent.

Il résulte de là que lorsqu'on recherche quelle était la valeur intrin-

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