‹ Conradin et FrédéricChapitre 29 sur 58 · CON RADIN · texte numérisé non relu

CON RADIN

Nous voici dans les fers.

Rome célèbre encor mes dernières conquêtes :

Au sein du Capitole, où de nouvelles fêtes Attendaient mon triomphe, un peuple ivre d'amour Peut-être par ses vœux croit hâter mon retour; Peut-être, redoublant l'ardeur de ses hommages, D'un précoce laurier il pare mes images ;# Et moi je suis vaincu !

LE PRISONNIER

L'espoir vit dans nos cœurs ; Navons-nous pas du sort épuisé les rigueurs ? L'excès même des maux dont le poids nous accable Nous doit rendre bientôt le ciel plus favorable. Prince , vous respirez ; tout n'est donc pas perdu : Le bruit de votre fuite en ces lieux répandu, Cet habit d'un soldat, cette armure étrangère, Et ce front, jeune encor, flétri par la misère, Tout doit vous dérober aux regards empressés De ces lâches flatteurs au crime intéressés.

Confondu parmi nous, vous n'avez rien à craindre. Mais que votre grand cœur sache au moins se contrain dre.

Ne nous exposez pas à l'horrible douleur

con RADIN, a lui-même.

Quel est donc ce Roger, dont la haute valeur A sitôt de nos mains arraché la victoire ?

Ses exploits, je l'avoue» ont soutenu sa gloire.

A son terrible aspect, les plus braves ont fut; Et moi, dans ce désordre, accouru jusqua lui, Le dirai-je P.... ses traits ont troublé tout mon étref De mes sens éperdus je n'ai point été maître; J'ai cru voir.... Insensé! s'il respirait, bêlas! Frédéric contre moi n'eût point armé son bras; L'ami, le compagnon, l'appui de mon enfance, Aurait-il d'un barbare embrassé la défense?

O trop cber souvenir!.... après tant de revers, Je sens qu'il est encor des cbagrins plus amers. Frédéric, Ifc n'es plus; et la mort que j'implore, En munissant à toi, me sera chère encore.

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