ACTE V, SCÈNE IL 6d Veux-tu donc sur tes pas le traîner au supplice
Ah ! si ton cœur jamais a connu la justice, Arrête, épargne-moi l'horreur de son trépas; N'immole que moi seul, je t'en conjure, hélas!
Votre sort est commun; je frappe ou je pardonne.
Et qu a-t-il fait? cruel! tu lui dois ta couronne; Sans lui tu périssais , sans lui j'étais vainqueur.
CHARLES
Décidez-vous enfin.
O nature! à douleur! ,. Ir Sur mes propres dangers tu m'as vu sans alarmes ; Le péril d'un ami m'arrache seul des larmes.
Vois-les couler, barbare, et te laisse attendrir. Va, je peux, à ce prix, cesser de te haïr. •
CHARLES
Ne délibérez plus, ou c'est fait de sa vie.
CQNRADIN.
Eh bien! je vais remplir ton exécrable envie. : O mânes de mon père , 6 mes nobles aïeux !
Vous qui, sur votre fils, ouvrez toujours lès ^eux, Vous lisez dans mon cœur y vous excusez sans doute Le sacrifice affreux que l'amitié me coûté!
Me voilà prêt enfin; tu viens de l'emporter; Conradin désormais ne xloit plus hésiter.
Délivre Frédéric , je vais te satisfaire ; Donne.
(il s f approche d'une table, et se prépare a signer l'acte d'abdication qui lui est remis par Charles , lorsqu'il est arrêté par l'arrivée de d'Amboise.)