ACTE V, SCÈNE II
Seraient-ils le forfait que ton cœur me pardonne? J’ai soutenu ces droits, et je dois m’étonner Que le comte d’Anjou daigne me pardonner.
CHARLES
Modérez les écarts d’une ardente jeunesse.
La fortune inconstante a trahi sa promesse ;
.Tant d'orgueil aux vaincus ne doit plus convenir;
De votre sort enfin sachez vous souvenir;
Respectez mon pouvoir.
CONRADIλ.
Respecte ma misère;
L’orgueil m est bien permis au palais de mon père.
CHARLES
Léglise dès long-temps a proscrit sans retour Et vos droits, et le sang dont vous tenez le jour. Pourquoi donc ces soldats que votre voix rallie?
Un feu séditieux embrase l’Italie.
Le sang coule à grands flots; vous troublez sans remords Cette paix obtenue après de longs efforts;
A votre ambition tout semble légitime :
Mais vous savez le prix que mérite un tel crime; L’Europe a prononcé, je devrais obéir.
Il vous reste un refuge, et vous pouvez choisir.