‹ Conscience et science du devoir: introduction á une explication nouvelle du Code NapoléonChapitre 114 sur 301 · PARTIE m. ^ GONSaBNGB DU DEVOIR, — LIVRE I · texte numérisé non relu

PARTIE m. ^ GONSaBNGB DU DEVOIR, — LIVRE I

rentes des actioDs dont elle ne voit pas suffisamment la nature morale ou immorale ^ . c< Tant bonum quam « malum in verutn et apparens dividimus^. » Mais vienne une plus grande lumière, et elle reconnaîtra qu'en réalité il ne peut y avoir d'état neutre dans lequel « Deus hominesque nec amentur, nec odio hor « beantur^. » — J'entends ici les plaisanteries des esprits frivoles. Ils vont demander si, en sortant de sa chambre, il faut partir du pied droit ou du pied gauche, et si, en y restant, il faut s'inquiéter, commente malade imaginaire, de s'y promener en large ou en long?... — Laissons-les, à propos de ces exemples, confondre la pensée morale qui fait chercher un mouvement utile, avec le moyen physique de produire ce mouvement; et disons sérieusement que les choses seraient bien mieux sur la terre si, au lieu de dépenser la plus grande part de la vie en fantaisies qu'une égoïste étourderie croit innocentes, chacun se demandait, à chaque heure qu'il va employer, le moyen d'en faire le meilleur usage possible dans l'intérêt de tous. Que de misères seraient évitées par l'union de tous les hommes dans cette sainte conspiration de la charité!

1 87. Si toute action est nécessairement ou ordonnée ou défendue, s'il n'en est aucune qui soit simplement permise^ il ne faut reconnaître que deux classes de

* Même dans cette supposition, l'action cesse d'être indifférente dès que nous rayons choisie. — « En l'effectuant par caprice et pour m<5ntrer sa « liberté, le plaisir ou l'avantage qu'on croit trouver dans cette affectation • est, dit Leibnitz, une des raisons qui y portent* >

* Daries, Institutiones jurisprudentiœ universalisa cap. I, $ 38. ^ Cumberland, De legibus naturœ.

174 GONSGIBItfGB ET âOIBMQB Dtl DEVOtA.

lo» morales^ saToir : les lois impéritives et les loi prdbibitÎYes. Bcartons une troisième classe» déi^igné par cette exprefision : lois permissives m facultatives Didona avec Grotius : « PermissU) proprie non actii a est legis, sed actionis negatio ^ » PuffendorfT si range k cet avis.

lî. «^ LC DROIT MB 6B DlStmotB PAS &0 DBrOIR.

f Si je n'avais pas le devoir sacré de respecter ce qui I fait ma personiitt^ je n'aurais plt le droit de la dé- ■ fendre contre vos atteintes. »

(Goosm, Le Vrai, U hêàn, le Hth, 14 « leçon.) « La société ne peut punir que parce qu'elle le doit. • (Id., traduction de Platon, tome III, GorgiaSj arg, p. 867.)

IM. Emploi consacré du mot droiL 103. Ancienneté de cette théorie.

189. Inutilité du mot droit. 193. Véritable nom du droit : devoir IM. IdentitédeflmotsciévoIretdfOil. actif,

191. Le droit n^existe qu'en tant 194. Importance pratique de cett« qu'il est un devoir. définition du droit

188* Vous allez, lecteur, crier au paradoxe. Veuillez nous lire attentivement, et vous vous convertirez peut-être à notre affirmation.

Jusqu'à présent nous avons prononcé surtout le mot devoir. Le mot droit est resté à peu près étranger à notre langage. Allons-nous continuer de l'éviter à dessein? Nous le pourrions* C'est un parasâte dont

A De jure belli et pada, liv. I, chap. i, S 9. — Gomp. S 10.

tiarbeyrac, Burlamaqui et d'autres auteurs, conformément au texte de Modestinus (fr. 7, Dig., De legibus^ lib. I, tit. m), ont soutenu l'opinion contraire. Ils croient qu'on a la permission de faire ou ne point faire ce qui n'a pas une convenance ou une disconvenance absolue et essentielle avec la nature et l'état do l'homme.JMaîs qu'est-ce qu'une convenance ou discon- Tenance absolue ou non, essentielle ou non?

Montesquieu {Esprit des lois, liv. XIX, chap. xiv) suppose aussi t des » choses indifférentes qui ne sont pas du ressort de U loi,» mftis il parle de la loi positive. Nous reviendrons sur ce point.

Page 1