‹ Conscience et science du devoir: introduction á une explication nouvelle du Code NapoléonChapitre 117 sur 301 · PARTIE m. — CONSCIENCE DU DEVOIR. — UYRB L · texte numérisé non relu

PARTIE m. — CONSCIENCE DU DEVOIR. — UYRB L

la réclamation lé^time ou l'abandon légitime de ce qui lui est dû. Ces idées ont généralement cours.

Nous les rejetons, lecteur. A notre avis, le droit, engendré par le devoir, est lui-même un devoir de plus. Le droit est le devoir de faire respecter notre devoir.

191 . Dans les heures d'égoîsme, quand vous dites : fai un droit y vous croyez apercevoir une autorisation que la raison vous octroie de demander ou de ne pas demander, suivant votre gré, certains services à autrui, et de lui imposer ou de ne pas lui imposer certains préjudices. Et cette permission vous apparaît comme un résultat actif précieux, fort distinct du devoir, résultat passif pénible. — Mais viennent les heures saintes de la réflexion ! Alors vous procéderez autrement. Vous commencerez par confesser vos devoirs. Vous en ferez la liste ; et vous verrez surgir cette grande vérité, trop oubliée par les passions humaines : Nul na de droits que parce qu'il a des devoirs * .

Et d'abord cette vérité est évidente, quand le prétendu droit réclamé par nous contre autrui, n'est que le mode d'action de notre devoir direct envers autrui. Dans ce cas, le mot droit s'efface entièrement. Que parle -t'On du droit du citoyen^ du droit de puissance

< Cette génération du droit parait supposée parle choix henrenx de l'intitulé de l'ouvrage récent de M. Jules Simon, Le Devoir, que rient de couronner TAcadémie.

Quand M. de Girardin {Le DroU) ne reconnaît d'autre droit que le droit du plus fort intellectuellement f scientifiquement^ industriellement, com^ mercialement , ce qu'il y a de vrai dans sa pensée, c'est que tout homme doué de grandes facultés a plus de devoirs qu'un autre.

paternelle ? Il faut dire : Devoir du citoyen, devoir de puissance paternelle. Pourquoi le citoyen va-t-îl déposer un bulletin dans Turne électorale? Parce que c'est le mode d'exécution d'un devoir direct envers le pays * . c( Pourquoi les parents commandent-ils à leur « enfant? Parce qu'ils ont le devoir de penser pour a lui, jusqu'au jour où il pensera par lui -même ^. »

Mais, il faut l'avouer, la vérité que nous soutenons apparaît moins clairement, quand le droit que nous réclamons contre une personne n'est pas le mode d'action de notre devoir direct envers cette même personne. — Ma vie est menacée par un bandit, je le tue en légitime défense : le tuer a pu être pour mo i un droit; était-ce un devoir? — Vous m'avez emprunté 1,000 francs, je vous en demande la restitution : c'est pour moi un droit ; est-ce un devoir ? — J'ensemence mon champ et je répare ma maison : c'est un droit; est-ce un devoir'? — Non, dit-on. Si, par horreur du meurtre, même légitime, j'aime mieux livrer ma vie au bandit, si je vous fais remise de votre dette, si je laisse le champ en jachère ou la maison en ruines, j'abandonne une faculté que j'avais.

Nous répondons : Dans ces divers exemples, le de-

* « Un électeur, en ne concoarant pas à l'élection qui est pour lui un « droit, se soustrait à une obligattony et tsrouble plus ou moins les rapports c sociaux. »

(Ahrbns, Cours de droit naturel^ partie générale, chap. u, § 3.)

* Girardin, Le Droit, pag. 189.

3 C'est sans doute à ces exemples et à d'autres semblables que Falck fait allusion, quand il se contente d'alléguer {Cours d'introduction, chap. m, S 10, pag. 115) «qu'il y a beaucoup de droits que la loi morale n'oblige point « à exercer. » Il n'en cite aucun.

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