Quant à la bieriveillance instinctive indivi
A « Nihil in terra, nisi causa sit. » (Job, chap. v, S li vers. 6.)
dueUe, nous en avons limité l'emploi dans notre livre m. Cet emploi est la préparation du cœur au devoir. Le conseil de la charité individuelle « dérobe c< à la source de tonte lumière un de ses rayons a les plus chauds et les plus doux * : » mais l'étude donnera seule la lumière entière.
304. Essayez de vivre en suivant cette formule : Agir conformément au devoir^ c'est agir de manière à satisfaire le plaisir d* aimer \ et votre direction sera semblable à la marche d'un homme dans l'ivresse.
Le sentiment, considéré en lui-même, est aveugle. C'est l'aspiration; donc ce n'est pas la mesure oii la lumière de l'aspiration.
Le sentiment est inintelligent. Il ne sait pas, ou il ne sait pas bien ce qu'il faut faire pour produire le bonheur d'autrui. Qu'on me montre, si on le peut, comment celui qui voudra satisfaii e le plaisir d'aimer, aura la force de punir? Pourra-t-il voir les larmes de l'enfant réprimandé? l'abattement du prisonnier privé d'air et de soleil? le désespoir de l'exilé songeant à la patrie? La charité individuelle supprimerait le principe de sanction : principe dont nous avons reconnu la légitimité, et établi l'identité avec le principe de détermination du devoir.
Ce n'est pas tout. Le sentiment est variable. Son étendue dépend de causes qui échappent à l'analyse. Tantôt il rayonne dans toute son effervescence; tantôt « l'inspiration du poète, la passion de l'amant, l'en- « thousiasme du martyr ont leur langueur et leur
< LoniB Reybaud.