‹ Conscience et science du devoir: introduction á une explication nouvelle du Code NapoléonChapitre 221 sur 301 · PARTIE m. *- GOT98GIENGE DU DEYODU — LIVRE V. SIS · texte numérisé non relu

PARTIE m. *- GOT98GIENGE DU DEYODU — LIVRE V. SIS

Les partisans de cette seconde opinion accordent même à l'agresseur qui a eu les premiers torts, mais qui s'arrête et offre réparation, la légitime défense contre Toffensé qui refuse de pardonner '.

Et toutefois, leurs scrupules reviennent sur le droit de tuer en légitime défense, si l'on combat contre un père, ou contre un agresseur dont la vie est d'une grande utilité pour plusieurs personnes^...

Nous ne finirions pas, si nous voulions citer tous les cas de conscience proposés sur l'homicide, avec les arguments fournis en sens divers par les Saintes Écritures '. — Le bourreau a-t-il droit aux éloges ? — Quand, à la voix d'un capitaine, des soldats fusillent un camarade condamné pour avoir injurié un caporal, font-ils acte de haute vertu? — Et que serait-ce, s'ils le savaient innocent? — Deux armées se livrant bataille sont-elles dans le devoir? Y sont-elles toutes deux? — On flagelle justement, avec Pascal, ce Lessius qui me permet de tuer le voleur fuyant avec mon cheval ^ ; mais on écoute avec une indignation moins résolue les graves auteurs qui me permettent de tuer ce voleur, s'il enlève ce qui est absolument nécessaire à mon existence et à celle de ma famille ^.

< Puffendorff, Droit de la nature et det gens, liy. II, chap. y, $ 19.

* Id., ibid. liv. II, chap. v, S 2.

> Voir toutes les distinctions qu'on a faites à propos du passage de saint Matthieu (chap. v, vers 39), qui recommande, quand on a reçu un soufflet sur une joue, de tendre l'autre; comme aussi à propos du chap. xxii, vers 2, de VExode, comparé au fragment 9, Ad leg, Comeliam de SicariU (Dig., lib. XLVm, tit.viii).

* Pascal, 14® Lettre provinciale»

■ Klenckius, ffi9l. jum nat,^ d'i4>rte Grotius*

Faut-il le dii*e?Par une singulière contradiction» ceux-là même qui écrivent : « La conscience prononce a d'une manière péremptoire, absolue : Tu ne tueras « point ^ » , reconnaissent pourtant la nécessité de faire des distinctions.

2« EXEMPLE. Ne vous tuez pas vous-^même. — Si ce principe est absolu, le dévouement même de Décius sera donc coupable? La résistance de la pudeur, soufirant la mort plutôt que le viol , sera un crime? Placé entre Talternative de se tuer ou de produire un mal immense pour sa famille, pour son pays, pour Thumanité, on sera bl&mé de se sacrifier? L'accusé qui dédaignera de se défendre devant des juges vendus, le condamné se laissant conduire sans résistance au supplice, agiront contre le devoir? — Si ce principe, au contraire, demande, pour être bien compris, que la science en cherche la combinaison avec les autres; a si le but suprême, en cette vie, n'est pas de vivre, mais d'assurer par l'énergie de l'âme, au profit de la raison, l'empit^e de la volonté sur les désirs. . . » on entrevoit la possibilité d'approuver Décius et tout autre de ses imitateurs qui, « sans souci des « terreurs de la mort, tout retenu qu'il est par les ce mille liens qui nous attachent à la terre, les brise c( par uu effort sublime, pour s'en aller sans regret où « sa raison le convie*. »

3« EXEMPLE. Ne médisez pas. — Cette prohibition, comme les précédentes, serait exacte considérée iso-

* J. Simon, Le Devoir, pag. &19.

* Boisseau, Des Peines (Thèse soutenue à la Faculté de Paris).

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