‹ Conscience et science du devoir: introduction á une explication nouvelle du Code NapoléonChapitre 222 sur 301 · PARTIE m. — CONSCIENCE DU DEVOIR. — LIVRE V · texte numérisé non relu

PARTIE m. — CONSCIENCE DU DEVOIR. — LIVRE V

Jément (si jamais elle pouvait se présenter ainsi). Mais à côté de la prohibition de médire, voici venir la prohibition de laisser sans protection votre femme, vos enfants, vos amis. Comment concilier ces divers devoirs? Mari, père, ami, médirez-vous, s'il s'agit, en médisant, de démasquer les séducteurs et lés intrigants, pour préserver ceux que vous aimez contre des pièges tendus à leur inexpérience ?

4® EXEMPLE. Ne violez pas votre serment. — Eh! sans doute, si le serment a donné une force nouvelle à l'obligation de faire une chose licite! Mais pour peu que vous ayez eu tort de prêter serment. Dieu sera-t-il plus offensé par la violation que par l'exécution d'un vœu coupable? Tel n'était pas l'avis d'Agésilas : ce Si ce que j'ai promis n'est pas juste, disait-il, ce j'ai parlé et non pas promis^ ». Tel n'est pas l'avis des auteurs les plus accrédités de droit natureP . — Dans un certain nombre de cas, oit ne sera point embarrassé pour relever d'un serment prêté mal à propos. Le Neptune de la mythologie faisant périr Hippolyte innocent, Hérode livrant saint Jean-Baptiste à une danseuse, Idoménée sacrifiant son fils, étaient de bien faibles raisonneurs. Hypermnestre ne sera pas blâmée^. — Mais dans mille circonstances, l'embarras sur-

* Plutapque.

« Puffendorff, Droit de la nature et des gew, lib. IV, chap. ii.--Grotiua, lib. n, cap. XIII, S 6» — Klenckius, Irutit, jur. nat, — Wolff, analysé par Formet, Principes de droit naturel^ li?. III, chap. v.

c Un serment ne peut rien ajouter aux promesses qui ne tireraient pas € leur force de la morale et du droit »

(Ahrbns, Cours de droit naturel, seconde division, P* partie, S ^^•)

' Horace l'appelle « splendide mendax, »

315 CONSCIBNGB ET 6GIBNGB DU DEVOIR.

Tiendra. Les conscienoes commenceront à se partager sur l'hypothèse, présentée pai*WolfF, du serment prêté de ne point révéler le secret d'une invention utile à la société '• — Elles seront divisées encore dans hi sup«* position suivante : Des conjurés vous surprennent au milieu d'eux: ils vous laissent la vie à condition de jurer que vous ne les trahii*ez point : quelle est la valeur de votre serment ^ ? — Enfin demandez si la loi firançaise fait bien d'ouvrir les portes du doltre à la religieuse qui veut en sortir? Vous verrez les convictions les plus opposées entrer ardemment en lutte!

Historien y nous citons toutes ces controverses : nous ne les discutons pas. Nous ne voulons pas davantage prendre parti, en ce moment, sur le procès, mille fois discuté et toujours pendant, entre les admirateurs et les détracteurs de Lucrèce ^; ni dans les incessants débats sur les circonstances où l'homme a, dit-on, le droit de i centrer dans l'état de propriété commune, antérieur à TétabUssement de la propriété

A Wolff, analysé par Formet, Principes du droU naturcl^hy, 01, chap. t.

* Grotius veut qu'on tienne le serment fait à un pirate, à un Toleur.

{De jure belli et pacis, liv. III, chap. xxiu et xix ; llv. II, chap. XXII, § 14).

Barbeyrac et Puffendorff sont d'avis contraire.

> SextuB la menace de la mort, si elle ne consent pas à l'adultère ; elle préfère la mort.... Mais il la menace de tuer avec elle un esclave, et de publier qu'il les a punis tous deux, les surprenant en flagrant délit d'adultère. Alors, devant la perspective du déshonneur de sa mémoire, du désespoir de son mari qui la croira coupable, du scandale de l'exemple laissé à la postérité, elle consent, pour avoir le temps de se justifier. Â-t^lle raison ? On discute sans fin. Puffendorff la croit innocente. Hubner ne le pense pas. — Saint Ambroise et saint Ghrysostémeont approuvé, dans un cas qui a quelque analogie, la conduite de Sara, femme d'Abraham, se faisant passer, en Egypte, pour sa sœur, afin de protéger la vie de son mari*

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