PARTIE m. ^ CONSCIENCE DU DEVOIR. — ÉPILOGUE. 3&i
c( le contempler dans la surface du lac où se réfléchit (( son image. »
S"" Et recelé naturaliste, qui cherche le juste dans l'étude des rapports de tous les êtres ;
4» Et l'école historique, qui croit à la tradition;
B«> Et les écoles psychologiques, qui cherchent le juste dans l'analyse de l'âme humaine ^...
Tel est le premier courant d'idées que nous trouvons dans l'ouvrage de M. Jules Simon.
Mais un autre courant vient luttei* en sens inverse. Sans y faire attention , l'auteur laisse échapper cette phrase ; « Se tromper sur le droit, n'est-ce pas en- « core croire au droit? » Il contredit ainsi, par une hypothèse qui devrait lui paraître impossible, la faculté, attribuée par lui à la conscience, de ne se tromper jamais. — Nous ne nous étonnons pas de cette contradiction. La nécessité de raisonner devait presser de son irrésistible étreinte le savant philosophe. Aussi il veut pour elle un aliment, a H y a une science^ « dit-il, des grands principes de la morale^. » Ainsi il reparait dans nos rangs. Dieu soit loué ! nous aurions trop déploré son absence. Et il reparait, apportant cette excellente formule que nous signons des deux mains : « Toute science commence par un « acte de foi. Être philosophe, c'est croire à la puis- <c sance de la raison, et s'efforcer, par le moyen de la « raison, de sonder le reste '. »
Mais comment ces deux courants d'idées vonlrils
* Le Devoir, part. III, chap. m.
* Page 402.
> Page 318.
34t CONSCIENCE ET SCIENCE DD DEVOIR.
faire coufluent? Qu'est-ce donc que cette science qui veut savoir, distincte d'une conscience qui sait tout? Il nous est impossible de résoudre ce problème. M. Jules Simon arrive-fr-il, sur ce point, à l'unité d'ime doctrine nette? Tantôt il confond entièrement cette science avec la logique ou Téloquence, quand il écrit : a La « morale est Tart d'interroger la conscience morale, et « d'exprimer clairement les réponses de l'oracle * . » Tantôt il lui donne une mission un peu plus déterminée, « celle de former seulement un cadre, (( en évitant de descendre aux circonstances particu*. lières*. »
La pensée de M. Jules Simon nous parait celle-ci : La science morale ne doit être que la science du classement des vérités données sans ordre par la conscience. Ce classement est utile. Quand il est fait, la mémoire vient en aide à la conscience, trop souvent troublée; elle lui rappelle, plus aisément et plus vite, ce qui doit la guider. — Qu'on me passe cette expression, la science est le bibliothécaire au service de la conscience.
Mais la règle à tracer à ce bibliothécaire, c'est le conseil d'un spirituel diplomate : « Point de zèle ! » Qu'il dresse des compartiments, soit. Mais qu'il n'y range pas les volumes! Un ordre minutieux serait coupable. L'inspiration de la conscience se réserve les circonstances particulières. Si la science descendait à ces circonstances , elle tomberait dans la
< Page 421, * Page 606.