‹ Conscience et science du devoir: introduction á une explication nouvelle du Code NapoléonChapitre 235 sur 301 · PARTIE m. — GONSQENCE DU DEVOIR. — ÉPILOGUE · texte numérisé non relu

PARTIE m. — GONSQENCE DU DEVOIR. — ÉPILOGUE

casuistique. Or, il y a une mesure difficile à garder entre la théorie pure et la casuistique ^ » -* La casuisque! ce mot excite la colère de M. J. Simon. Il faut voir avec quelle inflexible rigueur, saisissant le fouet dont Jésus s'est servi pour chasser les vendeurs du temple, il frappe à coups redoublés sur les algébristes de l'âme humuine^ sur les sacrilèges qui osent faire des ouvrages de casuistique! Quoi! même en supposant, par hypothèse, ces ouvrages complets et exacts!.. . Oui, lecteur, même complets et exacts, Tauteur ne les accepterait pas ! Complets et exacts, ils sont (Criminels, « parce quils rendent la conscience inutile la dépravent. ...:la garrottent

V étouffent..... la font abdiquer la remplacent

par un mécanisme » En vérité, j'en ai peur,

Jésus lui-même doit sortir du temple : qu*esl -ce que telle ou telle de ses admirables paraboles, sinon la solution de tel ou tel cas de conscience ?

Jugez maintenant, lecteur, si nous avons eu tort d'affirmer que l'horreur d'Épicure et d'Eseobar a entraîné trop loin l'intègre et élégant écrivain. Dite&-le moi, je vous prie? Qu'est-ce que cette science qui n*a, d'une part rien à découvrir, et d'autre part rien à appliquer? Ebauche condamnée à rester ébauche! Nouvelle Gassandre dont la conscience se moque! Scribe sans initiative, transcrivant, sous la dictée du maître, je ne sais quels jugements sur des feuilles frustratoires, que le maître jettera au vent dès qu'il s'agira d^en tirer les conséquences ! Plus semblable

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encore» en vérité, au criminel d'État que les sultans font étrangler entre denx portes ' !

350. La vérité (il faut la reconnaître de bonne grâce), c'est « qu'un bomme qui exclut le raisonnement des c( sciences morales, et qui ne prend pour juge que le i( sentiment intime, ne recoimaît aucune autorité à <c laquelle il soit possible d'en appeler en cas de dis-

cc cussion ^ . »

La vérité, c'est que si l'opinion vague qui flotte ou plutôt qui dort dans un grand nombre d'esprits doit être admise, si la conscience donne à tous les indivi-

< M. Simon fait son offrande à cette science si timide. C'est Tobjet de la quatrième partie de son traité, intitulée V Action, Cette offrande contient de belles pages sur l'amour envers Dieu, et d'énergiques réfutations de certains préjugés ayant cours. — L'auteur fait justice complète de cette phrase coupable, qu'on va répétant : «^ Je ne fais de tort qu'à moi-même, » Nos devoirs envers nous-mômes sont des devoirs envers autrui, et il nous est défendu, dit-il fort bien, d* attenter à l'ordre universel en nous. (Page 430 et suiv.) — Il réfute, avec non moins de vigueur, cette autre complaisante erreur de l'égoisme : se contenter de ne pas nuire à autrui, A côté de l'obligation de ne pas nuire, il place avec raison l'obligation active de faire du bien à autrui. — Au développement de ces grandes vérités, Tauteur ajoute une explication, qui pourrait être plus nette, des éléments de l'imputabilité ; une discussion, qui laisse à désirer, de la question de l'existence des actions indifférentes ; une analyse des mobiles de l'obéis* sanco morale.

Pour nous, nous avons cru devoir placer tout cela dans la conscience.

Restent donc seulement, dans cette quatrième partie, comme tribut apporté à la science^ quelques essais de théories sur la légitime défense, la guerre et la peine de mort. Nous ne mentionnons pas (nous voyons le lecteur sourire du pédantisme de cette observation) quelques excursions peu heureuses sur l'exégèse des articles 716 et 1142 du Code Napoléon.

M. Jules Simon est trop ami de la vérité pour ne pas voir l'accomplissement d'un devoir dans notre désir d'établir un système plus fécond. C'est à lui-même que nous demanderons si la quatrième partie de son ouvrage est à la hauteur des précédentes? si elle contient vraiment un aperçu de la science du devoir? si, dans sa crainte de commettre un crime de lèseconscience, il n'a pas en réalité fini cette partie avant de l'avoir commencée ?

... Pendent opéra intenmpta..,

* Comte, Traité de législation^ liv. I, chap. iv.

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