PARTIE m. — GONSaENGE DU DEVOIR. -- ÉPILOGUE. S
bord la faculté inviolable de juger, en obéissant y son obéissance ; puis une autre faculté» celle de se donner une direction individuelle complémentaire .
On désigne la collection des règles réservées à cette direction individuelle par les synonymes suivants : lois du for intérieur^ lois divines, lois immuables, lois de V équité j etc., et enfin morale.
378. Cette distinction de la direction collective ou sociale et de la direction individuelle est vieille comme le monde. Amphithéâtres des écoles , tribunaux, salons, retentissent des antithèses, bien ou niai comprises, par lesquelles on Fexprime.
379. Les assujétissements que la direction collective ou 5om/e impose, prennent le nom spécial d'obligations S ou, suivant d'autres auteurs, d'obligations parfaites.
Les assujétissements que la direction individuelle impose, gardent le nom de devoirs proprement dits, ou d'obligations imparfaites.
Les assujétissements de la première classe sont garantis par les deux sortes de sanctions que nous avons reconnues précédemment : la sanction intérieure et la sanction extérieure.
Les assujétissements de la seconde classe sont garantis seulement par la première sorte de sanction : la sanction intérieure ^ .
1 Quod tigat^ ce qui resserre et enchaîne. Étymologie commune du mot religion et du mot ohligaiion.
* Des auteurs comparent l'action du législateur, choisissant des devoirs pour les transformer en obligations, à raction du jardinier tirant de la forât des sauvaseons pour les enclore dans la pépinière.
n Fa réduit à indiquer seulement une des subdivisions de la science du droit positifs savoir : la connaissance de Thabitude des tribunaux d'entendre et d'appliquer d'une certaine manière une loi positive susceptible de plusieurs interprétations. « Cette aca ception, » disent MM. Aubry et Rau*, « tire son ce origine de la haute considération dont les décicc sions judiciaires ont toujours joui en France. »
382. Nous venons de voir comment se présentent, dansTétat actuel, les faits existants.— Nous connaissons les mots employés pour les désigner.— Venons à la question de la légitimité de ces faits, de l'exactitude de ces mots.
La société établit le droit positif ; l'individu cherche la morale^ et signale le droit naturel. L'humanité procède ainsi, avec une résolution inébranlable. Eh bien! les choses sont-elles ou non exactement établies de cette sorte? En d'autres termes, à qui appartient la mission de chercher la science du devoir ? Est-ce à la société? est-ce à l'individu? est-ce à tous deux?
d« QUESTION. — Unité des objets du devoir^
383. Par quels caractères se distinguent la direction eollecHve et la direoHon individuelle de la liberté ?
383. Supposons que nous reconnaissions la légitimité de la prétention de la société et de la prétention de l'individu : un autre problème se présentera. Quel est l'objet de la recherche faite par la société? Quel est
* SupZachariœ. — Aj# Merlin, rep. (v® jurisprudence). —Lassaulx, I, /).