‹ Conscience et science du devoir: introduction á une explication nouvelle du Code NapoléonChapitre 34 sur 301 · PARTIE PRÉLIMINAIRE. -- PROLÉGOMÈNES. — UVRE DL tî · texte numérisé non relu

PARTIE PRÉLIMINAIRE. -- PROLÉGOMÈNES. — UVRE DL tî

théisme nie Dieu, auteur du but à atteindre; le pan» théisme nie Fhomme; le fatalisme nie la liberté; certains systèmes confondent le devoir avec le résultat de la force, de la convention, de l'autorité. Tous ren* deut impossibles Texistence, l'idée, le nom même de ce que nous cherchons. La plume doit tomber des mains de celui qui ne parviendrait pas d'abord à écarter ces négations du devoir. — Ëcartonsples et nous aurons la foi au devoir.

Il nous restera alors à étudier le devoir dans la conscience et par la science^ c'est-à-dire par deux analyses difTérentes.

29. La première est toute faite dans la conscience morale, c'est-à-dire dans le sens intime, fonctionnant spontanément au fond de l'àme humaine. C'est d'abord aux formes mêmes de cet organe intérieur qu'il faut demander les caractères du devoir, sa souveraineté, son indivisibilité, son universalité, ses divers aspects selon qu'il nous met en rapport avec Dieu, avec autrui, avec nous-mêmes, et ses deux modes d'accomplissement, l'un passif qui garde le nom spécial de devoir, l'autre actif qui prend le nom de droit. — C'est dans la conscience que se trouvera en outre le premier principe de détermination du devoir, assistance due par tout être à tout être. C'est là qu*il s'identifiera avec le premier principe de sanction, pour assigner ime condition heureuse à celui qui obéit, et une condition malheureuse à celui qui, n'obéissant pas, est soumis à l'obligation de réparer le mal commis. Enfin c'est encore laque Fhomme trouvera le sentiment intérieur du degré de son amour pour le devoir, celui du mé-

rite ou du démérite de ses actions, et la détermination relative des applications du premier principe.

Sentiments de l'existence du devoir, de ses éléments, de son mécanisme, révélation absolue de son premier principe, connaissance relative des applications : voilà la mission de la conscience.

30. Vient ensuite une seconde analyse, celle que doit faire la science.

De ce que la conscience morale donne à chaque iudi^îdu le premier principe des jugements moraux, et le moule où doivent se façonner pour lui, au point de vue relatif, tous ces jugements, il ne s'ensuit pas qu'elle donne à elle seule la vérité absolue sur ces mêmes jugements. Au point de vue de la vérité absolue, demandons-nous si, dans l'intérêt de Tordre général de la création, nous avons bien ou mal fait en ouvrant ou en composant ce livre?... .. Pour le savoir, oh! par quel immense chemin doit passer l'intelligence ! chemin où la conscience morale ne suffit plus pour la soutenir; où elle a besoin de tous les procédés de son activité pour tirer, comme conclusion, de la connaissance de tous les phénomènes possibles, la connaissance de notre destination dernière !

Description des objets du devoir, recherche de ce qui est ou non conforme au devoir : voilà la mission de la science.

31. Conscience et science : le sens que nous donnons à l'un des deux membres de cette antithèse, au mot science, peut être contesté. Veuillez l'accepter, lecteur, quelque nombreuses que soient les querelles philologiques qu'on pourrait nous faire à c^t égard.

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