Troisième moyen. Analyse de la raison
* Discumons critiques, p. 112.
« Rien ne s'établit sans un principe pris dans la nature, même ce qui devient ensuite contre nature. (Wagner, Mythologie,) « Galien dit quelque part que si l'homme en naissant ne sait rien, c'est
« qu'il est fait pour tout apprendre, et que , s'il savait quelque chose en
« naissant, il ne saurait jamais que cela. »
(Peisse, préface en tête des fragments d*Hamilton.)
* « Semblables, dit A. SmitlL, à ces maîtres indolents qui se confient à un « intendant fripon, nous sommes sujets à être trompés. Mais nous sommes « incapables d'admettre un compte où il ne se trouverait aucune ombre « de vérité. H faut au moins que quelques articles soient justes. »
eo CONSCIENCE ET SCIENCE DU DEVOIR.
L'obsenration intérieure signale dans Tesprit humain une faculté supérieure à toutes autres, qu'elle appelle la raison. La raison, (c dans un endroit de l'âme si c< profond et si retiré que les sens n'en soupçonnent « rien *, » contient en elle-même, à l'usage de l'homme, des éléments d'adhésion immédiate, des principes qu'on trouve « à la tête de toutes les sciences ^, » principes qui, indispensables « à toute démonstration, « ne pourraient se démontrer que par eux-mêmes ^• « La raison « est le sens de l'absolu^. » Sa lumière, c< image, comme dit saint Thomas d'Âquin, de la vé- « rite incréée réfléchie dans notre âme,» nous met en communication avec des notions éternelles, notions communes, axiomes^, selon le langage des mathématiciens ; assomptions fondamentales qu'on tient pour accordées d'avance ^ comme disaient les stoïciens. Ainsi se manifestent à priori, (c par la logique d'in- « vention qui trouve les majeures des syllogismes^, » d'inébranlables points d'appui, que ce l'intuition im- « médiate, fille légitime de l'énergie naturelle de la « pensée ^ , » « perçoit, comme l'œil voit la lumière « dès là seulement qu'il est tourné vers elle ®. »
* Bossuet.
s Cousin, Le Vrai, le 5eati, te bien, l'« leçon.
' Id., ibid., 2« leçon.
^ Jules Simon, Le Devoir^ part. III, p. 326.
^ M. Tabbé Hautain, Philosophie morale (t. II, partie théorique), fait venir le mot axiome du mot axe : « Un axiome est la ligne ou Taxe qui détermine « et soutient le mouvement de Tesprit et de la volonté. »
® M. l'abbé Gratry, De la connaissance de Dieu,
' Cousin, Le Vrai^ le beau y le bien, 3* leçon.
* Locke, Essais sur Ventendement humain, liv. IV, chap. iz, S !*'•