‹ Conscience et science du devoir: introduction á une explication nouvelle du Code NapoléonChapitre 76 sur 301 · Partie il -* foi au devoiic -> livre n. tôt · texte numérisé non relu

Partie il -* foi au devoiic -> livre n. tôt

dépit de la logique, habituée au principe de contradiction qui défend d'affirmer en même temps le pour et le contre.

La seconde méthode est préférée par saint Augustin. Elle est suivie par Leîbnitz ^ : « Les perfec- « tiens de Dieu, dit-il, sont celles de nos âmes. Mais

< il les possède sans bornes. Il est un océan dont nous

< n'avons rien que des gouttes. » Bossuet la recommande ; il conseille au véritable mysticisme « d'ace néantir dans l'être fini la limite, la borne, l'ohsta- « cle, non pas l'être *. »

Préférons cette méthode. Avec M. Cousin ' refusons de confondre la nature finie d'un être avec l'existence de ses modalités, et la nature infinie de l'être avec l'absence de modalités. Le fini est parce qu'il a des qualités; l'infini a des qualités parce qu'il est. L» différence est un élément aussi essentiel à l'être que l'unité même. (( Dieu est la richesse, la « |)léni(ude, l'ensemble des déterminations. Dieu est (( le plus déterminé de tous les êtres ^. »

114. Nous avons pris le soin (à notre avis bien superflu) de donner les preuves de l'existence de Dieu. Or, à qu(H })on ces preuves pour le sujet que nous

> Théodieée, Voyez aussi Doctrine écrite pour le prince Eugène,

> a Ni Tassoupissement ni le sommei] n'ont prise sur Dieu. »

(Coran, chap. n i la Vache^ vers. 256.)

> Le Vra^le heauy le bien^ 5* leçon.

* Cousin, ibid,

M. Bénard, Précis de philoêophie (Théodieée), donne rénumération des attributs de Dieu : infinité, unité, inunensité, intelligence, volonté, li* berté, puissance infinie et créatrice, sagesse, bonté, justice, véracité, félicité, providence. -— Comp. M. Tabbé Gratry, De la connaissance de Dieu, partie I, chap. viii.

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traitons? L'existence de Dieu est-elle un des postulats nécessaires à rétablissement de la notion du devoir?

Des esprits éminents l'ont nié. Quand Grotius voit dans le droit naturel « certains principes de la droite « raison qui nous font connaître qu'une action est a moralement honnête ou déshonnéte, selon la concc venance ou la disconvenance nécessaire qu'elle a u avec une nature raisonnable et sociable S )) il en conclut bien que Dieu, qui est l'auteur de la nature, ordonne ou défend l'action honnête ou déshonnéte; mails pourtant il accorde « que les maximes du droit « naturel ne laisseraient pas d'avoir lieu en quelque « manière, quand même on accorderait, ce qui ne se « peut sans un crime horrible, qu'il n'y a point de (( Divinité^. — Puffendorff et Barbeyrac^ l'ont contredit, mais en tombant dans un autre extrême, en Jdentifiant le devoir avec la soumission à la volonté, quelle qu'elle soit, d'un supérieur. Puffendorfif s'est ainsi attiré les reproches mérités de Leibnitz. Nous repousserons, comme ce dernier, tout système qui verrait, dans le devoir imposé, la volonté arbitraire •de Dieu. Mais Puffendorff et Barbeyrac avaient une réponse bien plus péremptoire à faire à Grotius, réponse que Leibnitz n'eût point attaquée ; c'est qu'il est impossible de concevoir une loi quelconque, soit

^ Dû jure belU et pacùt, Uv. I| chap» i, S iO« > I<L, préfixe, S 3.

' Du droit naturel et des gens, liv. H, cb. m, $ 10. * Préface de l'édition française de Puffendorff.

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