‹ Conscience et science du devoir: introduction á une explication nouvelle du Code NapoléonChapitre 86 sur 301 · PARTIE n, ^ roi AU DEVOIR. — LIVRE IV · texte numérisé non relu

PARTIE n, ^ roi AU DEVOIR. — LIVRE IV

cède à un motif plus violent que la peur. S'il s'abstient par crainte du gendarme, il cède à la peur plus forte que le désir.

135. Celui des fatalismes qui nous soumet à un Dieu bienfaisant , élève en outre contre la liberté deux objections graves. — La première est tirée de la toutepuissance de ce Dieu. Cette toute-puissance existeraitelle, si notre liberté pouvait lui résister ? — La seconde est tirée de la prescience de ce même Dieu. Cette prescience existerait-elle, si notre lil)erté pouvait la démentir?

136. Contentons-nous pour le moment de constater qu'en présence de ces systèmes la vie n'est plus que la détente d'un ressort. En conséquence toute foi au devoir est impossible. — Le fatalisme nie l'existence de la liberté, donc la direction donnée à la liberté. En face d*une volonté supérieure qui règle tout, qu'est-ce que la méditation d'un penseur cherchant une direction? Une opération fantastique de Tintelligence, un rêve frustratoire dont l'innocente vision lui est permise pour amuser son loisir. . . . Vienne l'action, le rêve s'enfuit ! Le rêve ne régira l'action que si cela plait à la volonté qui a permis de rêver. Conforme ou non au rêve, l'action la plus bizarre sera bonne ; à une seule condition, c'est qu'elle soit accomplie. Dès que le fait existe, le droit aura existé. L'axiome logique qui conclut de l'être à la possibilité, recevra un étrange complément en concluant de l'être h la moralité.

137. Philosophes découragés qui voyez dans l'homme un être , tout en le soumettant entièrement aux ordres d'un autre être, que nous direz-vous du

in CONSCIENCE ET SCIENCE DU DEVOia

devoir? Si, semblables à la balle lancée par la raquette, au nuage balloté par le vent, nos déterminations sont toujours effets et ne sont jamais causes S nous retrouvons, sous une autre forme, le résultat du scepticisme. — Le scepticisme disait : « Nulle action c( n'est meilleure qu'une autre. » Le fatalisme dira : c( Nulle action n'est pire qu'une autre* » Il rendra, s'il le faut , Dieu coupable, pour justifier les hommes. 138. C'est ainsi que les diverses subdivisions du fatalisme arrivent toutes à la même conséqurace que le scepticisme, savoir : Agissons au hasard, ou plutôt n'agissons pas! endormons-nous d'un profond sommeil ^ !

< Voir cependant dans Rey1>aud, Études mr les réformateitrs contemporains^ le système inconséquent d'Owen. Il essaie de concilier Tirresponsar billtë de Tagent avec Texistence de la distinction du bien et du mal.

• « Si agir n'est que se fatiguer, pourquoi agir? »

(Simon, Le Devoir, partie UL)

PABTIB n. — roi AU DEVOIR. — UVRB IV.

lis

TITRE m.

RÉFUTATION DU FATAUSHE.

■ Sentit animiis seTisna, non aliéna, moTeri; bm

■ accidere posse ut ipse nnqnam a se deseratnr. ■

(Gic, TuêC,, hb. 1, 23.)

I Snb te erit appetitas peccati , et tu dominaberis t iUins. • {Genèse, eh, ir, § i, T«n. 7.)

Page 1