‹ Conscience et science du devoir: introduction á une explication nouvelle du Code NapoléonChapitre 90 sur 301 · Mysticisme du sentiment : ané- Besoin de la prière · texte numérisé non relu

Mysticisme du sentiment : ané- Besoin de la prière

antit la liberté. 154. Heligion : partie de la philo-

151. Nécessité, d'une conciliation sophie qui unit la liberté et

entre la providence de Dieu la grâce.

et Texistence de la liberté. 155. Difficulté de la conciliation de

152. Conciliation entrevue dans l'a- la liberté et de la grâce.

149. — Notre liberté est. — Dieu est.— Voilà deux faits : vont-ils rester isolés Tun de l'autre?

Sons la liberté nous ne serions rien. Aîais allonsnous croire que nous sommes tout par elle? Allonsnous reléguer à perte de vue, dans les profondeurs des cieux, « un Dieu tellement séparé du monde que «le monde ait Tair de marcher sans lui*?» « — Il faut condamner, sous le nom de déisme ou de rationalisme exclusif, cet orgueil démesuré qui refuse au Créateur toute providence, c'est-à-dire toute action continuée sur son œuvre'*.

150. Mais, par une autre exagération, allons-nous mépriser tellement la ' liberté que nous renoncions

^ Cousin, Pensées de Pascal, avant-propos.

* < Deus, sine domfnio providentia et causis finalibus, nihil aliud est « quam fatum et natura. » (Newton.)

taO GOinCIENGI ET SaBNCB DU DEVOIR.

presque entièrement à en faire usage? Ne va-t-elle se montrer que dans TefTort d'une contemplation stérile de l'Être intini, au risque d'apparaître à peine^ comme l'écume surnageant sur une mer sans rivage? Feronsnous descendre trop près de nous « un Dieu tellement « passé dans le monde qu'il ait l'air d'y être ab- « sorbe '?» — Alors nous tomberons dans ce mysticisme du sentiment qui a fait un instant illusion à Fénelon, jusqu'à ce que Bossuet l'eût réfuté ^ et que l'f^glise eût condamné le livre des Maximes des saints '. Ce mysticisme s'appelait quiétisme. Il conseillait à la créa« ture de s'absorber dans ua état habituel d'amour de Dieu, sans aucun mélange de crainte ou de désir, ce Voulant comme si elle ne voulait pas, comprenant c( comme si elle ne comprenait pas^ sans avoir même A de rîticlînation pour le néant *, » elle devait se dire sans cesse « qu*elle se perd lorsqu'elle se tourne vers « la raison, et qu'il n'y a point d'autre raison que de « n^avoir aucune considération pour elle *. » Le mieux pour l'âme était de rester « dans une contemplation a ride de pensées, diins une prière sans paroles et c< presque sans conscience ^. »

Inertie illogique! C'est Pascal qui le déclare énerglquement par cette boutade : tx L'homme n'est ni a anf e, ni bête ; et le malheur veut que qui veut faire

* Cousin, avant-propos des Pensées de PnscaL

* Instruction sur les états ëoraison.

5 Bref du pape Innocent XU, du 12 mars 1699.

* Molinos. — Voyez Instr^iciion sur hs étaU d'ftraison* ^ Motinos, Guid€f liv< UI, chap. viii^

* Ck>i»in. Lé Vrai, le beau, le bien, 5* leçon

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