PAHTIB IL — FOI AU DEVOIR. *« UVRB V. IS
puissant procède ou par la fwoa ouverte proprmie&t dite» ou par la ruse» force dissimulée... Usurpatiou violente des conquérants, ou fraude ambitieuse des tyrans, voilà l'hiatoire de la création des Ëtats. Alexandre gagne des batailles ; Numa feint des entretiens avec Egérie ; Lycurgue fait confirmer ses lois par Apollon Pytbien ; Mahomet se dit prophète., , D*autresi oomme eux , « fabriquent de leurs mains un Dieu a avec de Vargile, et quand ils Vont fait » feignent de « l'adorer pour que nous l'adorions après eux*. »
168. Faut-il les blâmer? Oui* répond*on, si c*est par des vues d'intérêt personnel qu'ils agissent; non, s'ils ont compris que c'est le moyen de rendre service à l'humanité. Dans l'état de nature, suivant Hobbes, l'homme appelle purement et simplement a bon ce c( qui lui plait et mauvais ce qui lui déplait^. » Il est pour son semblable ce qu'un loup est pour un loup, n est même plus féroce que le loup, l'ours et le serpent, inoffensifs en général pour ceux de leur espèce. Extermination réciproque, voilà l'état an(ésocial. Chacun a contre tous le droit de tout avoir et de tout faire '. Grâces soient donc rendues aux plus entreprenants et aux plus habiles, qui créent la société pour remédier à une situation auparavant intolérable!
Wules Simon, Le Devoir, -^ Comp^xez Montaigne {Essais^ liv. II, chap. xvi).
« Hobbes, De nat, huni^, — De oive,
> Hobboi, Dt âve,
RouMeau reconnaît également à l'homme, dans VéUX de nature, on droit illimité à ce qui lui est nécessaire, mèmft à tout ee qui le tente. Il peut ne laÎMer à «utnii qua m qui lui mi inutUt. IConirai âoùûU.)
140 GONSGIENGE ET SCIEI^GE DU DEVOIR.
Ils imposent aux passions une crainte salutaire ^ Ils
profitent au besoin des vices eux-mêmes pour c< les « faire tourner au profit de la société ^ . »
169. Repoussons tout d'abord ce premier système. Le devoir n'est pas l'ordre arbitraire établi par la force. J'en prends à témoin le bon sens vulgaire. Quand le bon sens vulgaire prononce ce mot droit du plus fort, c'est par ironie et pour signifier le non-droit. Ce même mot, dit un auteur, c< fait pitié dans la bou- « che de ceux qui le prononcent gravement ^.
Acceptons-le pourtant un moment. — Mettons à l'œuvre le plus puissant. Qu'il dicte ce qui luiplait! Bienveillant, il songera au bonheur de ses peuples. Égoïste, il ne pourra pas toujours l'oublier; un regard paternel tombera parfois de ses yeux. Alors que sera ce qui plaira au plus puissant dans l'intérêt de ce peu^ pie, sinon la recherche d'un but autre que la satisfaction du caprice du monarque^? C'est qu'en effet ce but existe; c'est que l'état naturel des hommes est la bienveillance et non pas la guerre *. Et c'est cet état na-
1 Comp. Modestin (fr. 40, Dig. De legtb.^ lib. I, tit. m), indiquant comme source de la loi la nécessité {nécessitas),
> « M andeville (dans la fable des Abeilles) s'est mis à la torture pour « prouver que les vices particuliers tournent au profit de la société. »
(D'Holbach, Morale universelle,)
' Hubner, Histoire du droit naturel, part. II, pag. 5.
* « Les lois ne sont pas de purs actes de puissance... Le législateur « exerce moins une autorité qu'un sacerdoce. » (Portalis.)
* Puffendorff {Droit de la nature et des gens, liv. II, chap. ii, S 9) s'exprime ainsi sur le prétendu état naturel de guerre entre les hommes, signalé par Hobbes : « Jamais il n'y eut de terme plus mal appliqué que celui de « naturel, pour désigner un état que produisent le mépris et l'abus du plus c naturel de tous les principes. >
Cumberland dit de môme : «Manel itaque inconcussum quod initio posui-