‹ Conscience et science du devoir: introduction á une explication nouvelle du Code NapoléonChapitre 99 sur 301 · PARTIE n. -^ rOï AU DEVOIR. — LIVRE V · texte numérisé non relu

PARTIE n. -^ rOï AU DEVOIR. — LIVRE V

tadcité, du sommeil, de la faim et de la soif. Mais conclure de là que les lois morales sont la fantaisie du caprice de Dieu , c'est ne pas comprendre la souveraineté.

166. La souveraineté n'est pas dans l'idée isolée de l'autorité. Burlamaqui la représente exactement comme c< l'alliance de la puissance, de la sagesse et c( de la bonté. » Cicéron la nomme ce imperandi « prohibendique sapientia * . » A la souveraineté de Dieu, l'Écriture rend cet hommage : c< Omnia in sa- « pientia fecisti ^ . »

167. Ainsi, pour respecter la perfection de l'indépendance de Dieu, n'absorbons pas dans celle-là toutes les autres. Nous avons lu quelque part : ce Dieu a peut sans injustice condamner un innocent , puisce que , dans cette supposition , il pourrait par sa c( volonté rendre telle chose juste. » Mais, avec Leibnitz', avec Grotius*, avec saint Augustin*, nous repoussons ces téméraires allégations. — Au mysticisme de Scot et d'Occam qui fait résulter le bien de la volonté de Dieu, nous préférons le mysticisme de saint Thomas qui fait résulter le bien de la sainteté et de la justice essentielle de Dieu^.

< De legibus,

« L'autorité morale est la grande fée qui produit Tobéissance. »

(RoDssKL, Encyclopédie du droite !'• partie, i'* section, n» 4.)

* Psalm,^ 103, vers. 24.

* Monita quœdam ad Puffendorffii principia*

* « Si Deus iûsontem jubet occîdi, lex natura3 non mutabitur.»

(Klenckius, Institutiones juris naturalis, d'après Grotius.)

* Êpist, cvi.

s Consultez M. Charma, Notice iur sinnt Anulme (page 352, note 152).

Nous reprochera-t*on de créer une sorte de fatalité du bien, identique à Dieu lui«méme? Nous répondrons que nous y sommes autorisé par les plus grands esprits, Pascal*, d'après l'Ecriture*, ose reconnaître dcd* devoirs de Dieuj qui lui défendent de nous tromper. Leibnitz parle de la nécessité morale qui oblige Dieu à produire toujours le meilleur. Mallebranche le regarde comme ne pouvant suivre que les voies les plus simples. Burlamaqui ^ appelle a impuissance faussement nommée ^ c( la glorieuse nécessité de ne pouvoir se démentir luic( même. » Quand Socrate demande à Eutyphron : « si le saint est aimé des dieux parce qu'il est saint, c< ou s'il est saint parce qu'il est aimé des dieux, » la réponse du sage Athénien est-elle douteuse? Et quand Bossuet a écrit : a Dieu lui-même a besoin d'ace voir raison; le bien n'est pas tel parce qu'il le veut, « mais il le veut au contraire parce qu'il est bien ; » la logique sublime de l'orateur a- 1- elle cru blasphémer?

168. Conclusion du rejet des trois systèmes PRÉCÉDENTS. — Affirmation de V existence spéciale du devoir. — Admis dans un moment de lassitude par la raison inattentive, les trois systèmes que nous venons de réfuter donnent au devoir une base illusoire. Ainsi le système indien donne à la terre une base impossible en la faisant reposer sur un éléphant, l'éléphant sur

* « Il y a un devoir réciproque entre Dieu et les hommes. »

(Pascal, Pensées,)

* « Quid est quod debni tUtra? » (Isaïe, chap. v, § 1, vers/».) —«Arguite « m«/» (Isaîe, chap. i, § 11, vers 18.)

s Principes du droit naturel (partie II).

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