‹ Conscience et science du devoir: introduction á une explication nouvelle duChapitre 102 sur 280 · PARTIE lîX. — COffSCIENCe DU DEVOIR. — UVRE I · texte numérisé non relu

PARTIE lîX. — COffSCIENCe DU DEVOIR. — UVRE I

la division de nos devoirs en trois classes : devoirs envers Dieu ; devoirs envers les autres êtres finis ; (tevoirs envers nous-mêmes.

Nous avons des devoirs envers Dieu, devoirs d'adoration et de reconnaissance. — Nous avons des devoirs envers les autres êtres finis, devoirs d'assistance. Ce» devoirs sont de deux sortes : devoirs de ne pas leur nuire et devoirs de leur être utiles. Droz ', d'apte Samuel Clarke, reconnaît l'existence des uns et des autres envers toutes les espèces de créaturei inertes, sensibles et raisonnables, ce Le disciple fidèle de cette <t morale bienfaisante, dit-il , traite un arbre comme a un être destiné à croître, à porter des fleurs, à douce ner de Tombre et des fruits, k se multiplier. Il prend « soin, dans l'occasion, de redresser sa tige, de le ren- « dre plus utile, plus beau, de confier à la terre les ce germes qui le reproduiront. II ^mte l'animal comme ce un être aimant et sensible. Il se garde de le frapper ce sans nécessité'^, veille à sa conservation et s'înter- « dit d'en exiger des services pour lesquels ne l'a pas ce formé sa nature*^ Enfin, avec un homme il se con- « duit comtïie avec un être moral. Il ne le soumet ce point à des volontés arbitraires. 11 agit sur lui par

< PhUo9Qphie morale,

« « L'oeîl de IHeu, à qui rien n'échappe, a aussi un regard de père pour « le pauvre passereau qui palpite sous votre main. » (Lamennais.)

^ BeaUiam, blâmant avec raison les cOpil>Ato 4^ <^^ ^^ ^^ tai^reaux, et autres amusements cruels, disait : « Il viendra un temps où l'humanité « étendra son manteau sur tout <:e qui respire. On a commencé à s*attenr « drir sur le sort des esclaves ; on finira par adoucir le sort des animaux « qui servent à nos besoins. » {Principes du Code pénal, IV* partie, chap. XVI.)

La loi du 2 juillet 1850 (appelée loi Grammont en l'honneur du nom de atm auteur) a commencé à réaliser cette prévision.

« des moyens conformes à la raison , et s'occupe non a seulement de son existence physique, mais encore « de son intelSgence, qu'il doit éclairer, et de son ca- « ractère^ qu'il doit ennoblir. » — Outre les devoirs envers Dieu et envers autrui , nous avons encore des devoirs envers nous-mêmes, devoirs réflé^his^ comme disent certains moralistes ^ • Ce sont les devoirs de nous conserver et de nous perfectionner.

L'accompUssement de ces trois classes de devoirs est nécessaire à Tordre général-*- N'écoutons pas les sofAistes qm^ sous prétexte de simplifier la formule, n'imposent à l'homme que des devoirs envers luimême. En vain ils prétendraient que y si chaque h(Hnme est autorisé à employer toutes ses forces pmir tendre à la satisfaction de ses désirs , l'équilibre produit par le contre-poids des forces opposées Tune à l'autre, donnera la direction, c'est-àndire la conservation, le perfectionnement et le bonheur de tous. — Cet espoir n'est qu-un rêve. L'équilibre espéré serait possible, si toutes les forces étaient égales. Mais il ne Test pas, parce que toutes les forces sont inégales. Des êtres infiniment petits se pressent autour d'autres êtres qui occupent une place consi^ dérable. La femme, l'enfant, l'homme malade sont à côté de l'homme robuste; Tidiot à côté du penseur doué de génie. Que parle*t-on d'équilibre? Il n'y aura qu'un état de guerre universelle. Va-t-il en sortir une direction; un moymi de conservation, de perfectionnement, de bonheur?

* Vojr. Tissot, Ethique,

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