‹ Conscience et science du devoir: introduction á une explication nouvelle duChapitre 109 sur 280 · PARTIE HL ^ GQI98GIE1IGE DU DEVQIIt «• UYRE I. fil · texte numérisé non relu

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Tabsence ne laisserait pas de lacane dans lé fond des idées. Tel est du moins notre avis. Mai» les èon^ tradieteurs de cet avis sont innombrables. .lie mot droit est en grand usage : il a la prétention 'd'ëxis-' ter légitimement avec un sens partîcalier. V4^ Gon« testons cette prétention.

189. On tirouve souvent, dans les langues, des ex-^ pressions corrélatives qui format les deux termes; d'uQ rapport. Telles sont, par exemple, les exprès-^ sims père et fils. A la rigueur on pourrait se passer de Tune d'elles. Si nous rayons le mot fils, Tidée ne» sera point effacée ; seulement on F exprimera par des» périphrases. On dira : Un tel est mon père , je smS'l& père d'un teL — ^ Une corrélation du même '%ehw dxiste-t-elle entre le mot droit, pris dans nu sens subjectif, et le mot devoir? Dire : ftd u/n devoir envers* vouSi est-ce dire implicitement : Vous avez un droit contre moi ? Et de même que le mot fils, en présence du mot père, pourrait être supprimé, pourrait-on supprimer le vaot droit, comme suffisamment contenu dans le mot devoir?

D'après le langage adopté par beaucoup d^auteurs, le irait est le corrélatif nécessaire de V obligation sanc* Hotmée par le pouvoir social * : mais le devoir propre^

* Puffendorff cependant {Droit naturel et des gens, liv. III, chap. v, $ !•') dit qu'il y a des droits sans obligation. Il donne cet étrange exemple, que les coupables ne sont pas tenus de subir leur peine, — Nous croyons qulls en sont parfaitement tenus. (Voir ce que nous dirons plus loin, Ut. h.) — ^Au surplus, il rétracte à peu pW;s sa proposition, en distinguant le êtoii d'avoir quelque ehoBe et le droit de faire légitimefnefU quelque chose. Le prraiier sappoM toujoiuv, dit-il, TobligatioD. Il en est autrement du «econd. Cett© distinction Ineaississable prouve la faïuNketé de TWée éUemême.

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176 CONSGIENGB ET SCBSUIGE DU DEV^R.

mevU dit, non sanctionné par le pouvoir social» existe par lui seul, sans avoir pour corrélatif un droit ^.

La manière de parler qu'emploient ces personnes vient de ce qu'elles veulent réserver rapplicatk)n du mot droit à la réunion de deux facultés» savoirs !• de la faculté rationnelle d'invoquer un devoir; 2« de la faculté matérielle d'en réclamer l^xécution par l'aide de la force sociale. Si la seconde de ces facultés manque» la première leur parait trop peu énergique pwr mériter le nom de droit. Or^ la seconde de ces facultés garantit les obligations juridiques^ que la société munit d'une sanction extérieure; elle ne garantit pas les devoirs proprement dits, qui restent seulement munis de k sanction intérieure. — C'est ainsi que Bentham donne» pour exemple d'uu devoir sans droit correspcmdant» la soumissimi d'un religieux à certaines règles ascétiques^. C'est ainsi qu'Eschbach dit : c< Mon devoir de faire l'^umdne ne c< confère pas à l'indigent la faculté ou le droit de me « forcer à lui donner une obole '. »

Cette mutilation du sens du mot droit nous étonne. De ce que le devoir proprement dit n'ei$t pas muni d'une sanction extérieure» s'ensuit-it que la sanction intérieure qui en garantit l'observation ne taille pas

* n y a des devoirs « qui ne correspondent pas à des droits. »

(Cousin, Le Vrai, le beau^ le bien, 15* leçon.)

* Cons. Bentham, Principes du Code civil, ehap. I. — Aj« Vue générale d'un corps complet de législation, chap. xiv.

' Eschbàch, Cours d^introduction, pag. 21. — Une suppose pas, Mon entendu, des aumônes exigées par la loi sociale, comme la taxe des pauvres en Angleterre, comme certains impôts établis en France pour créer et conserver des hôpitaux et des salles d'asile.

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