‹ Conscience et science du devoir: introduction á une explication nouvelle duChapitre 110 sur 280 · PARTIE ÏÏL ^ CÙHSCWICB D0 DEVOIR. r« UVRE I. I7Ï · texte numérisé non relu

PARTIE ÏÏL ^ CÙHSCWICB D0 DEVOIR. r« UVRE I. I7Ï

la peine à' être eomptée? Qum! un jour de prbon, un franc d'amende seront une sanction suffisante pour faire obtenir le nom de droit à la faculté d'invoquer Yobli^tion? Et la souffrance du renumls ou le bonheur de Festime, la ci*ainte ou Fespoir d'une autre vie, ne seront pas une sanction suffisante pour faire obtenir le nom de droit à la faculté d'invoquer le de^ voir proprement dit? Parler ainsi, c'est trop oublier Dieu et la ccmscience! c'est trop calomnier l'homme! — Repoussons ces deux fautes. Disons que le de^ t;oîr moral du riche défaire l'aunkyne, suppose le droit moral de l'indigent de la demander au nom de la charité. Disons que le devoir existant pour un religieux de suivre les règles d'une corporation rec(Mmue par la loi, dont il est membre, donne à la corporation autorisée le droit moral de recommander au reUgieux l'observation de ces règles. En écrivant cet ouvrage, nous croyons remplir un devoir; donc nous confessons un droit. Ce droit est celui de beaucoup d'élèves studieux qui, depuis bien des anné^, nous d^aatandaient de leur léguer ces souvenirs, chers à notre pensée, de vingt-cinq ans d'enseignement. Heureux si nos efforts peuvent faire, de la lecture de cet ouvrage, un des devoirs dont la science a le droit de demander compte !

Allons plus loin. S'il était possible (ce qui n'est pas) qu'un devoir n'eût point 4e sanction, qu'il fût réduit, dans ses effets, à la valeur d'un simple conseil donné au débiteur, pom*quoi n'appellerait-on pas encore droit la faculté pour le créancier de lui rappeler l'obligativité rationnelle de ce conseil 7

179 GONSGIBIIGB ET SCIEIfCB DO I>EV(HR.

190. On le voit, le mol droit r mxfikfé subjective^ ment» est toujours, suivant nous, un des termes du raj^rt dont le mot det;oîr est l'autre termes «Le devoir et le droit sont firmes; leur mère commune est « la liberté. Us naissait le même jour» ils se ^tôve* ce loppent et ils périssent ensemble *• » —* Ainsi le mot droit y synonyme de prétention, et sufiOsamment smisentendu dans le n|ot corrélatif devoir ^ ne présente réellement d'autre intérêt que oelui de la richesse du langages

Mais laissons l'analyse philologique» et pénétrons plus avant au fond des choses. Ces deux termes d'un rapport, devoir et droite placent41s le débiteur et le créancier dans la même position? Non^ rép(»idHm en général. Le devoir est obligatoire; le droU est facultatif. Il faut respecter Tun, on ne peut Ta*bandonner. On est libre d'invoqua? l'autre ou de l'abdiquer. — En disant cela on attaque gravement^ sous une nouvelle forme^ la sduti(Hi de nola*e pre* miêre proposition ci*dessus t II n'y a pas d'actions indifférentes. On dit qu'il y a action indifférente dans l'action de tout créancier choii^ssant lil»*ement entre

< Quand, par ftbt^vifttion d« langage, on i^p^e êmti o«rtain& impôts qu'il faut payer, par exemple en faisant passer telles ou telles marchandises à la frontière, on indique le droit qu'a TÉtat d'en demander le paiement, par corrélation au devoir que les.partioulierfi ont de les acquitter.

Dans le chapitre xiii de son Commentaire sur l'Esprit des /ois, Destutt de Tracy signale avec raison un pléonasme dans certaines constitutions, où la déclaration des droits était stûvie de la déclaration des devoirs : « conmie s'il n'y avait pas, dit-il, identité entre ces deux propositions : !<> J'ai un droit ; 30 Respectez ce droit ! »

* Ck)usin, Le yrai, le beau, le bien, i2* leçon.

s « On pourrait dire que le droit et le devoir lie font qu'un, et sont le « même (Hre envisagé de deux cOtéS'difrérenti^ 9 (Id«,ibiâ.)

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