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loi apparaît camme synonyme de ces deux idées : c(m^ nervation , perfectionnement. La réunion de ces deux idées elles-mêmes produit la résultante : bonheur.
Conservation. — La première loi de tous les étres^ donc de Fhonmie, est de tendre à continuer d'être autant qu'il est possible. Tqutes les déclamations sur la souffrance ne contrediront pas cette vérité : Exister vaut mietm que ne pas exister , parce qu£ le néant n'a pas de valeur.
Perfectionnement. — La seconde loi de tous les êtres finis, donc de l'homme, est de suivre une évolution successive, en passant du germe le plu3 simple à un état de développement, pour arriver ensuite à un état relatif de dissolution, ou^ (si Ton préfère un mot qui ne préjuge rien) , de transformation. Ainsi, la graine confiée à la terre produit une tige^ des feuilles, des boQtons, des fruits, qui se flétrissent après une vie de quelques jours.
Bonh^r. — Tout être, donc Thommef^ en avisant à sa conservation et à son perfectionnement régulier, redierche un état qui lui plait ou qui lui plaira. 11 le nomme le bonheur. -^ Bonheur] mot séduisant que, dans tous les systèmes, les jurisconsultes doivent présenter en tête de leur vocabulaire, sMls veulent être écoutés! Proposons -le à nos disciples : sinon, les uns prendront en risée notre logique, en s'écriant avec Montaigne: «De vrai, ou la raison se moqué, ou <i elle ne doit viser qu'a notre contentement M » et les autres la prendront en tristesse, en reconnsdssant,
* Essais^ liv. I, chap, iixî Que phitosapker c'est apprendre à mourir f
M eONSOBNCE ET SCtENGB DU DEVOIR.
arec sunt François de Sale», une tendance « grande de Fesprit de Thomme au bîeneétre, a qu'il ne faut « pas penser d'apporter aucun remède à cela * ! »
Sans doute (hàtons-nous de faire cette réserve), le mot bonheur a mille significations. Le bonheur ne doit pas être confondu avec la volupté, que trop souvent on prend pour lui. Et puisque «la vie de l'Ame^ se- M parée du corps, est une continuation de la vie pré- (c sente, on ne doit pas, dans la définition du bonheur, c( se borner à la considération de cette période de la « vie qui se termine à la mort *. » En ce qui nous concerne, lecteur, nous nous garderons bien, dans lâ suite de cet ouvrage, de demander le sens du mot bonheur à des théories dépourvues de courage et de dignité'. Mais ce n'est pas le moment d'indiquer, sur le choix du souverain bicn^ nos préférences ou nos antipathies. Tout ce que nous voulons constater ici , c'est que nulle démonstration ne peut persuader à un être de xiésigner ainsi son but : Malheur définitif. Il faut toujours lui proposer, comme couronnement d'une série d'actes conformes à sa destination, une satisfaction deniière quelconque, soit dans celte
( Lettre do 7 «vril 1500.
La pensée de Tintérêt personnel se cache parfois jusque dans les actes de défonemanu « n semble soument ^lue e^est la chanté qui ftdt agir, et c'êàt < plutôt la chair! Car il est bien rare que Tindination naturelle, la volonté « propre, fespérance de quelque récompense, le désir de quelque avantage f paHieuli^y ne te gUseent point dAn» nos actions^ »
{Imitât de J,-C.^ lir. I, chap. xv.)
• Pestel, Fundamentû jusHtiœ naturalis, traduit du latin sur la 2* édition (part. I, sect. i, n*» 17).
s Dans le passage de Montaigne cité page précédente, il signifie le contentement dans la tertu.