IV. — FORME DE L'EXÉCUTION
• Philosophus noster non adeo prolixam alit barbam, « Qt ewn ab omni elegaatia abhorniisse dixeris. >
(GuHBERLiND, Dc Ugibus naturœ, ayant^ropoi.)
XIV. Union de la fonne scientifique et de la forme littéraire.
XIV. Nous essaierons d'uNiR la forme scientifique A U FORME UTTÉRAIRE.
Rechercher la forme scientifique , c'est recher-
sni PRÉPACE.
ch€9r la précision. C'est , avant tout, définir exacte* ment chaque mot employé. Soin bien nécessaire» suivant cette judicieuse observation de Locke :
% Chacun peut remarquer^ dans toutes les langues , « certains mots quon trouvera , après les avoir bien « examinés, ne signifier, dans leur première origine et a dans leur usage ordinaire^ aucune idée claire et déter^ a minée. Les mots de sagesse, de gloire^ de grâce j etc. a sont fort souvent dans la bouche des hommes; maiSj ce parmi ceux qui s'en contentent, combien y en a^t^il « qui^ si on leur demandait ce qu'ils entendent par là^ « s'arrêteraient tout court, sans savoir que répondre?»
Adoptons la forme scientifique. ^ Pourtant ne l'exagérons pas. 11 y a des esprits rectilignes qui, découragés par Tinsuffisance dés expressions vulgaires, tombent dans l'obscurité du néologisme. Nous ne les imiterons pas. Loin de nous les abstractions nuageuses qui, suivant l'expression de Diderot , « ne comportent qu'une lueur sombre, et réservent pour celui qui les fait le spectacle de ses pensées, » Nous n'aimons que les généralisations destinées à vulgariser, et par lesquelles, suivant
Leibnitz, « les sciences s' abrègent en s' augmentant. » Ou bien nous renoncerons à présenter des vérités philosophiques, ou nous réussirons à les exposer dans un langage connu de tous *.
Mais en évitant l'affectation métaphysique qui
* « Je ne désire rien tant, touchant les noms, que de suivre Tusage « «t l'exemple. » (Dcbgartes, édition Garnier, tom. IV, lettre A7.)
pafiFibce. zun
repousse les mots usuels, ne tombons pas non plus dans la trivialité qui accepte les mots au hasard. La piété deBuffon choisissait les expressions ; il les voulait digues des merveilles de Tordre physique qu'il décrivait. Les merveilles de Tordre moral méritent-elles un culte moins respectueux? Croire à Taridité de la philosophie, c'est n'avoir jamais compris le moi philùsophie. Que la gravité du sujet ne nous en cache pas la magnificence ! Sous prétexte de penser, n'oublions pas de parler.
N'est-ce pas surtout quand il s'agit de produire le bien moral, qu'on serait heureux de pouvoir dire : Concrescat utpluvia doctrina meal Fluat ut ros eloquium meum, quasi imber super herbam^ et quasi stillœ super gramitia^ / »