‹ Conscience et science du devoir: introduction á une explication nouvelle duChapitre 122 sur 280 · PARTIE m. — CONSCIENCE DU DEVOIR. — UVRE IL SOI · texte numérisé non relu

PARTIE m. — CONSCIENCE DU DEVOIR. — UVRE IL SOI

séquent la part à laquelle il a droit* Cette part augmeutée ajoute au bonheur de sa condition dans ses rapports avec lui-même, avec les autres êtres finis, avec Dieu. — Avec lui-même : L'accomplissement parfait du bien moral, cherché par rintelligence, présente d'abord l'avantage du contentement intérieur, qui est le premier de tous les biens. Rien n'égale ce sentiment à la fois fier et doux^ cette c< congratulation de « bien faire qui nous réjouit en nous * . » Les bcmnes oeuvres donnent à leur auteur cette tranquillité si poétiquement désignée par ce vers :

€ Nil conscire sibi, nulla pallescere culpa. »

'—Avec les autres êtres finis : Celui qui concourt à l'œuvre commune acquiert des droits à l'estime, à l'affection, à k reconnaissance de ses semblables. A ces causes de contentement s'ajoute le plaisir de les voir heureux, et de sentir qu'il a contribué à ce bonheur. — Avec Dieu : C'est dans le souverain juge que l'homn^e de bien place surtout son espoir. Cet espoir est déjà, par sa seule existence, une source considérable de bien-être ^.

A l'inverse, celui qui nuit au bien général voit di-^ minuer sa part dans ce bien-être. Cette diminution retranche au bonheur de sa condition- dans ses rapports avec lui-môme, avec les autres êtres finis, avec Dieu. — Avec lui-même : Le second caractère de la

< Montai^e, Essais^ liv. m, chap. ii.

* « Ecce emm in cœlo testis meus, et conadus oieus in excelsifi. >

(Job, chap. xvi, S 2, ver». 20. )

m CONBCIEIfCE ET SQENGE DU DBVOOI.

sanction intérieure se montre d'abord dans la désapprobation <ja"û s'infiige. L'inteUig«)ce , en loi indiquant son but, lui fait apercevoir, s'U ne l'accomplit pas, humiliation et regrets :

f ..... frima est hœc uUio qaod, te « /tklice, nemo nocen» abiolvitw •

Elle l'invite, au nom de son plus cher intérêt, à éviter le remords ', le plus grand de tous lés maux*. — Avec les autres ëtkes'Fiiis : En usurpant conlre eux une part qui ne lui est pas due, il s'expose à la pensée douloureuse de leur mésestime et au spectacle pénible aussi de leur souffrance. — Avec Dieu : Lu crainte qu'il doit avoir de ta punitron est proportionnée à la puissance du h 212. Sanction extérieure.— tion intérieure devrait, à elle f sauce à la direction. La pei-specti penses ou des punitions à nltei préseiiie comme la plus forte excitation au bien qne l'esprit puisse concevoir. « La religion, dit Hontes- « quieii, a de si grandes menaces, de si grandes pro- « messes qoe , lorsqu'elles sont présentes à notre « esprit, quelque chose que le magistrat puisse faire « pour nous contraindre à la quitter, il semble qu'on « ne nous laisse rien quand on nous l'ôte, et qu'on ne

■ Jfortw (octioii de mordre).

■ • Iniquitttes sue esplont impium, et funibus peccatorum conatrlD- ■ ptur. > (Prov., cbap. t, g i, rera. !2.)

> • nomlmuMcmiduin atundîtluii mânnom meamniTeddet nflii. • (£Mi)ott, clnp.uii , S 1, nn. H.)

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