PARTIE Uh — GONSCI£N€B DU 0EVCHR. — LIVRE IL
c< nous ôte rien quand on nous ia laisse ^ » —- Mais si grand est Tentralnement des passions, que la sanction intérieure est insuffisante. En conséqueoce il faut anticiper sur les jugements de ]a Providence. H faut, dès cette vie» ajouter à hsancUon intérieure une sanC" tion extérieure dont l'action immédiate a plus d'efficacité.
On appelle sanction extérieure : 1® la perspective^ quand nous faisons le bien » de la condition heureuse que produit l'attribution de certaines récompenses données par ses semblables ; 2<* la perspective, quand nous faisons ou voulons faire le mal, de la condition malheureuse que produisent certaines coercitions préventives ^ réparatoires ou répressives, imposées par noB semblables.
213. Le principe de la sanction intérieure ou exté^ rieure du devoir se distingue , par le nom qu'on Irn donne, du principe de la détermination du devoir. Mais, bien analysé, le principe de la sanction n'est au fond que le principe même de la détermination, reJ>ro^ duit sous une seconde forme. — Facile est la démonstration de cet*e identité.
214. iid premier principe de la détermination du devoir, en recommandant l'assistance réciproque entre les honmies, affirme que cet équilibre est nécessaire à l'ordre général, et seul peut satisfaire l'intelligence. — Eh bien! le principe de la sanction intérieure du devoir, qu'affirme-t*il? Que l'intelUgence sera satisfaite si l'erdre est observé, mécontente s'il est vidé.
904 œNSCîENCE ET SCIENCE Dl5 DEVOIR.
Voilà une vérité adéquate à la première; disons mieux, c'est la même.
215. Et le principe de la sanction extérieure contient-il autre chose? Rien autre chose. Mais cela demande à être expliqué plus longuement.
Quand la sanction extérieure procède par des récompenses attribuées à celui qui agit bien, elle ne feit que lui donner sa part dans le bénéfice général produit par ses bonnes actions. Ainsi, c'est purement et simplement l'application géminée du principe de détermination du devoir.
216. Devons-nous en dire autant de la sanction extérieure (la plus pratique et la plus énergique) qui procède par des coercitions matérielles contre celui qui agit mal? — Pour le savoir, comprenons bien les caractères de cette sanction. C'est une réaction exercée par les forces réunies des hommes contre celui qui trouble l'ordre. - Il faut se garder de confondre cette réaction avec deux autres, que nous appellerons la réaction de la vengeance et la réaction de l'intérêt.
217. La réaction de la vengeance ^'est point la sanction. La vengeance paraît aux esprits étroits justifiée par ce raisonnement : Lorsqu'un autre manque envers moi à l'obligation naturelle, il m'autorise à y manquer envers lui. La rémunération de l'injustice par l'injustice a un faux air de justice. Mais, suivant la remarque judicieuse de Wolff^ : « C'est une des « plus dangereuses et des plus fréquentes illusions c( que les hommes se fassent C'est un abus.de la
* Analysé par Formet (Principes du droit naturel li^* I« chap. ui).