PARTIE m. ^ COUBCIElfCe DU OSVDIit -^ UVRE n. fil
Or, voyons en quoi consista la réaction appelée sanction extérieure. Elle ccmsiste à demander le réta* blissement de Tordre troublé. — Pour cela, elle nous montre d'abord ta nécessite d'ouvrii* h Topprimé les moyens de prouyer la lésion qu'il a ^ufferte. *^ Elle nous monlre en second lieu la soumission du eour pable à un devoir de plus, né du devoir qu il a violé : ce nouveau devoir l'oblige ^ effacer les conséquences du mal commis, en indemnisant la victime pAr la re^ titution d'une position équivalente à celle qu'elle eût conservée si le mal n'eût pas été commis ^ -^En6n la sanction extéiieure nous montre-t^elle, en troisième lieu» la nécessité de la punition du coupable, c'estàdire la légitimité d'une certaine souffrance expiatoire à lui imposer? Nous le croyons.
La victime a obtenu une réparation. Le genre bumain en veut une autre : c'est le redressement, s'il se peut, de l'instrument qui a commencé à se fausser, « De même que l'esquif qui ne demeure pas dans le a fil de l'eau, vient s'échouer ou se fracasser sur la « rive, de même toute créature qui dévie se blesse « elle-même *• » L*auteur d'une infraction à Tordre a reculé dans la voie de son perfectionnement; il a dimi» nué en lui la possibilité de collaborer au bien com* mun. n faut qu'il regagne le terrain perdu. — Malheureusement la pensée du mal, une fois née, peut se
< < Reparandum etf culp» confessione, exhibitione honoris, tesUmoni « Innocenti», et nlmilibus, etiam pecunià. »
(Klenckius, Instit,juri$ natur,^ d'après GroUus, lib. n, cap. xvK, $ 23.)
* Jean Reynaud, Terre et ciel, Uv. VI, pag. 37$,
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ftS GONSOENGE ET 6GIENGE DU DEVOIR.
dévele^per. Il faut un contre-poids aux premières influences de l'habitude fâcheuse qui tend à se contracter. Ce contre-poids, c'est la punition. Destinée à faire réfléchir le coupable, à lui faire comprendre mieux, par la souiTrance, la souffrance qu'il a causée, « elle le dégoûte de ses difformités par l'expérimen- « tation de leurs suites*, » le purifie par l'expiation, l'améliore par ta contrition du repentir*. Pourquoi, en dernier résultat? Pour rendre à tous les intérêts compromis leur niveau, qu'il avait déplacé.
Grotius a dit avec raison ^ : « Dans toute punition , « on a en vue ou le bien du coupable même, ou l'utilité « de celui qui avait intérêt que le crime ne fât pas « commis, ou enfin l'avantage de tout le monde gé- « néralement. » — Bossuet a résumé ces vérités dans cette proposition : « La peine est dans l'ordre, parce « qu'elle ramène à Tordre ceux qui s'en étaient dé- « voyés *• >>
* Jean Reynaud, Terre et ciel, liv. VI.
s Leibnitz (Théodicée} Histingue nettement Tintimidation, moyen à employer contre les êtres irrationnels, et la correction, moyen à employer contre les êtres rationnels. — Il veut bien (si cela peut être utile, comme le prétend Rorarius dans son livre De la raison des bêtes) qu*on crucifie les lions en Afrique, qu*on pende les loups dans le pays de Juliers, qu'on cloue les oiseaux de proie sur les portes des maisons, pour écarter des lieux habités, par la peur d*un même sort, les lions, les loups et les vautours. — Mais pour les êtres intelligents, il rattache la justice pénale à l'idée d'expiation et de correction.
' De jure belli et paciSy lib. II, cap. xx, S 6.
* Premier sermon pour le 2« dimanche de VAvent.
De ces prémisses sortirait logiquement cette conclusion tirée par Lamennais {Discussions critiques) : « Quand la loi punit un homme qui se repent « de son crime, elle punit un innocent. » — Mais comment savoir si ce repentir existe aussitôt après le crime ?
Une autre conclusion, c'est l'iUégitiimté de la peine de mort, qui ne laisse pas voie à l'amélioration.