‹ Conscience et science du devoir: introduction á une explication nouvelle duChapitre 137 sur 280 · PARTIE III. — CONSCIENCE DU DEVOIR. — UVRE III · texte numérisé non relu

PARTIE III. — CONSCIENCE DU DEVOIR. — UVRE III

perpétua volimtas indiquent, non pas le fait de Texis*tence isolée de tels ou tels actes bons, mais l'état habituel de l'âme bien résolue à accomplir une série indéflnie d'actes bons. 11 ne suffit pas d'avoir une louable intention tel jour pour prétendre qu'on observe la jmtkey comme il ne suffît pas d'être brave tel jour pour prétendre qu'on a du courage. « Les vertus et « les vices ne diffèrent des devoirs et des péchés que c< comoie les habitudes diffèœnt des actions ^ »

232. La justice est l'amoûrdu devoir. Biais ce mot amour du devoir désigne une abstraction* Transformons cette abstraction en réalité : nous trouvons V amour des êtres à qui doit profiter V accomplisse-^ ment de notre devoir .

Nous avons vu que, par toute action ou absten*tion, nous produisons des résultats souhaitables ou fâcheux dans nos rapports avec Dieu, avec autrui, avec nous-mêmes. Pour aspirer aux réi^ultats souhaitables, faut-il que la volonté soit éveillée par trois mobiles passionnel», l'un dans nos rapports avec Dieu, l'autre dans nos rapports avec autrui, le troisième dans nos rapports avec nous-même? Oui, mais par quels mobiles? Par trois amours, suivant M. Jules Simon. Il présente ainsi, comme éléments de la justice, V amour de Dieu * , V amour d' autrui^ V amour de sou — Nous

^ Leibnîtz , Nouveaux Essai$ sur l'entendement humain, < Je tirouvQ qu'il y a bien à dire entre les beautés et saillies de Tàme, « ou une résolue et constante habitude. »

(Montaigne, Essais, liv. II, chap. xxix.)

• Richard Cuinbèrland fait remarquer que, dans la définition de la justice, voluntas ju» suum cuique ifibuemÙ^ le mot ctàque doit comprendre Dieu. {Delegibvt «a/Urœ, cap. vu, S 3.)

9Se CONSCIENCE ET SCKNGE DU DEVOIR.

tomboïM d'accord avec lui pour les deux |>remiers. — Quant au troisième, nous croyons qu'il doit être au« trement présenté. Nous remplaçons le mouvement passionnel amour de soi, par un mouvement passionnel sinon contraire, du moins très différent, qae nous appellerons défiance de Tamour de soL

Analysons ces trois subdivisions de la justice.

233. Première subdivision de la justice. AMour de Dieu, ou piété. — JMen ne nous dispose mieuî à rechercher la direction de la liberté par Tintelli* gence, que de nous élever en esprit vers celui qui nous a donné nntdlîgence pour le glorifier. Cette vérité apparaît de quatre manières principales : !• Qu'est-ce que la recherche de la direction de la liberté, si ce n'est la recherche dés sages volontés de IMeu? â*» Qu'est-ce que l'action d'obéir à ces vo^ lontést si ce n'est l'action d'honorer Dieu? 3« Qu'estce que le résultat de cette obéissance, si ce n'est le moyen de nous rapprocher de Dieu, autant que le permet notre faiblesse? 'OfxoX<{Yta it^o^ rh ôeïov , comme disait Pythagoi'e*? *0|jLo(w<rtç Oew xorà rb 8yv«Tov, comme disait Platon^? Enfin qu'est-ce que la prière, si ce n'est le cri de notre faiblesse demandant à Dieu la force de lui ob^r? — Par ces quatre raisons, l'Évangile a dit : ce Le plus grand commandement est : Tu aimeras ce le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur, de toute ton ce âme, de toute ta pensée. Diliges Dominum Deum (( tuum ex toto corde tuo et ex tota anima tua, et ex

A Tennemann, Manuel de l'histoire de la philosophie^ % %. « Id., ibid., S 136.

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