‹ Conscience et science du devoir: introduction á une explication nouvelle duChapitre 176 sur 280 · PARTIE Ittr -.CONSCIENCE DU DEVOIR. —LIVRE V · texte numérisé non relu

PARTIE Ittr -.CONSCIENCE DU DEVOIR. —LIVRE V

Beancoup d'actions mauvaises (il faut tristement le reconnaître) se commettent sur cette terre. Eh bien! si Ton croit à l'hypothèse de rinfaillibilité absolue de la conscience, il faut accepter cette conséquence vraiment désespérante^ savoir : que les hommes coifûrmettent toutes ces actions par méchanceté volontaire^ ou au moins par étourderie coupable; qu'aucune de ces actions ne peut être le produit de l'erreur morale.

293; Et d'abord admet-on l'infaillibilité absolue de la conscience inspirée spontanément? Il faut commencer par nier toute possibilité de la bonne foi de l'individu dans une action mauvaise. Il faut de plus nier l'existence même de Tétourderie.

Eh quoi ! en voyant se succéder les imperfections inpombrables de la conduite des natipns et des particuliers, il faut se dire, au nom d'une conviction dépourvue de charité : « Ces imperfections sont <( toujours, des prévarications volontaires / » — Pour glorifier la prétention de l'infaillibilité absolue, instantanée, de la conscience individuelle, il faut courber le front devant l'affirmation de la méchanceté absolue de tout homme sans exception ! — Oh ! que je voudrais n'y pas croire I Sans doute l'indulgence hc doit pas être aveugle. Je sais que, mise en présence des tentations, la faiblesse humaine tombe souvent dans le péché en sachant qu'elle y tombe. Mais faut-il être rigoureux jusqu'à l'accuser de n'y jamais tomber sans le savoir? Qu'on m'épargne, s'il se peut, ce flétrissant privilège ! qu'on me rende l'ignorance innocente au lieu de la savante immoralité!... Il est trop cher, ce brevet de

m CONSCIENCE ET SCIENCE DU DEVdm.

théoricim infaillible, si vous m'imposez pour prix Ta* veu d'être, à tout instant, un praticien coupable !

294. Admet-on seulement TinfailEbilité absolue de la conscience inspirée après réflexion? Alors on est un peu moins pessimiste. On fait au m(»ns aux hommes la grâce de penser qu'à côté des préyaricateups volontaires, il y a des étourdis; des étourdis, moins coupables que les prévaricateurs, coupable^ cependant, puisque, s'ils voulaient réfléchir, ils éviteraient Ferreur. — Me voilà moins affligé! mais pourtant encore affligé !... n m'est pénible de croire que, de tant d'actions et d'abstentions mauvaises dont je suis le témoin, nulle ne peut être justifiée par la bcmne foi de l'agent ! Eh quoi ! entre la supposition de la méchanceté ou de l'étourderie, point de place à la suppoâtion de l'erreur morale t

298. Point de place à l'erreur morale? Est-ce possiMe ! Ne puis-je pas du moins demander grâce pour l'homme qui n'est pas en présence de l'intérêt immédiat d'une passion à satisfaire? Si vous refiisez impitoyablement de croire à l'erreur dans Taction, admettez-la du moins dans la spéculation pure! Entrons dans ces cabinets de travail où Platon, Descar^ tes, Leibnitz écrivent, pour les siècles à venir, des traités de science morale. Ces traités sont-ils en tous points concordants? Non évidemment! Donc tous, ou du moins tous moins un peut-être, (lequel?)... sont inexacts! Aiusi Platon, Descartes, Leibnitz sont des étourdis qui n'ont pas réfléchi... ou des menteurs intéressés?. . . Ces théories, dont l'infaillibilité de l'inspiration leur montrait les vices, ils leiâ ont hasardées

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