PARTIE m. — COifâCaENCE DU BBVOTl. — UVRE V
légèrement, ou les ont inventées pour un profit personne illicite? — Si Gonfucius a formulé cette phrase : « Dans le doute^ abstiens-toif » et si eette pbrase doit être critiquée S il faut accuser Ckmfucius d'avoir parlé sans r^échir? ou d'avoir prêché Tamour de la pa^ resise, pour éviter la petite fatigue de consulter Toraole intérieur qui ne peut se tromper? — Aristote a justifié Tesclavage : c'est par inadvertance? ou c'est par hypocrisie, pour conserver un abus favorable à ses plaisirs? — L'intègre Domat a accepté la lé^timité de la torture : c'est qu'il a suivi en étourdi le préjugé? ou c'est qu'il trouvait, comme Perrîn Dandin, que
« ... cela faU toujours passer une heure ou deux?,.. » .
Non! mille fois non! Loin d'ici ces calomnies! Si la bonne foi ne trouve pas toujours, comme l'espérait le roi Jean, un asile dans le cœur des rois, elle a son refuge dans l'âme sereine des grands penseurs dont la devise est : Vitam impendere vero! Et, si cette bonne foi, en éclairant une part de la science morale, laisse l'ombre sur une autre, c'est que Terreur morale consciencieuse est possible aux apêtres même les plus divins de l'humanité !
296. Au surplus, lecteur, faites une épreuve. Choisissez un siècle, une nation, une année. Placez-vous en France, en 1885. — Prenez les hommes les plus
< J'ai entendu beaucoup de pturtisans de Tinfaillibilité absolue de la conscience, admirer, sans y penser, ce précepte* Ils devraient cependant le critiquer, puisqu'il suppose le doute possible sur une question de conscience. ^- Pour nous, nous l'entendons comme l'entend Barbeyrac (Voir Puffendorff , Droit de la nature et des Qens, liv. I, chap. lu, $ 8), c'est-à> dire dans ce s^is qu*on doit s'abstenir jusqu'à ce qu^on ait consulté.
180 CONSOENGE ET SQENGÊ BU DEVOIR.
éclairés, les membres de tous les corps savants. Choisissez» parmi eux, vos amis les plus estimés , ceux d<mt la bonne foi est gai'antie par Tapparence d'une vie de bonnes œuvres. Ne les réunissez point en assemblée. Évitez les discussions : les discussions sont du domaine du raisonnement. Consultez tous ces hommes séparément, abandonnés au recueillement sérieux de leur inspiration. Soumettez à cette inspiration les questions suivantes que nous prenons au hasard :
Droit de famille. 1® Quelle doit être l'étendue de la puissance paternelle ?
2® Quelles doivent être la part de VÉtat et la part de la famille dans l' éducation de V enfant?
3* Quelle doit être l'étendue de la puissance maritale ?
!• Le divorce est4l juste ?
Droit de fabulle et droit privé. 6<> Quel est le meilleur régime d^assàciation matrimoniale quant aux biens? Faut-il préférer la communauté, le régime dotal, ou la séparation de biens ?
6' Quelle est la limite du droit de donner, de tester, d'exhérêder?
Droit privé proprement dit. 7* Quelle est la limite qui sépare, dans les conventions commerciales, les profits exagérés et les profits modérés?
8® Un homme d'honneur peut-il parfois invoquer la prescription?
9' Que faut-il penser des lois qui donnent à l'en^ fant légitime, dans la succession de son père, une plus grosse part qu'à l'enfant naturel ?