PARTIE ra. — CONSCIBNCE DU DEVOIR. — LIVRE V. 28S
Hélas! même déception pour vous! Ouvrez vingt livres de législation ou de littérature du même siècle : vous y trouverez les mêmes questions résolues de vingt manières par des législateurs et des moralistes, félons ou étourdis comme Vos amis *.. . .. Alors, demandez à Dieu de disparaître au plus vite de cette terre! La vie devient horrible, si Thistoire de l'univers n'est que Thistoire de la fraude et de Tétourderie universelles !
Mais consolez-vous ! croyez-moi ! Ouvrez Pascal et lisez cette phrase d'un sens profotid : « Jamais on ne « fait le mal si pleinement et si gaîment, que quand « an le fait par conscience ^.)) Consolez-vous bien mieux encwe ! Écoutez ces paroles de Jésus-Girist sur la croix : <( Père, pardonnez-leur, car ils ne sa- « VENT CE qu'ils fontj'! » Et d'accord avec le Sauveur, admettez là possibilité de l'erreur morale; possibilftë
INCOMPATIBLE AVEC LA THÈSE DÉ l'iNFAILLIBIUTÈ ABSO- LUE DE LA CONSCIENCE INSPIRÉE SPONTANÉMENT OU IN- SPIRÉE APRÈS RÉFLEXION.
297. Voilà, sur ce point, le premier cri de notre cœur ! — Mais arrivons à la discussion logique.
Nous venons de voir qu'on invoque, en faveur de l'infaillibilité absolue de la conscience : 1® l'autorité générale; 2® le sens intime; 3^ le raisonnemeat. — Démontrons, tout au Contraire, les trois propositions suivantes : !• L'autorité générale repousse rinfailli^
i Voyez dans Locke (ÉMais mr VerUendement humain ^ Ht. I, cbap. ii, J 1), l'énumératioo d'une foule d'usages iniques des diverses nations.
• Pensées.
s Saint Luc, chap. xxiii, $ 3, vers. 34*
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bilité absolue de inspiration; 2<» le sens intime ne l'établit pas suffisamment, et même il la contredit; 3* le raisonnement V écarte.
298. L'autorité générale repousse l'infaillibilité absolue de Vinspiration. — Nous Tavouons, les personnes qui parlent de V infaillibilité absolue de Vinspi-' ration sont en grai^d nombre. Mais nous leur dirons ceci : Veuillez choisir entre l'autorité générale qu'annoncent vos paroles, et rautorité générale toutes extraire, sérieusement constituée par vos actes ! Quand même tous les hommes deruniyejrs répéteraient un mot dépourvu de pensée, ijuelle valeur ce mot peut-il garder, si, par des faits constants, tous les hommes de l'univers en démentent l'emploi purement labial ?
Or, c'est ce qui arrive. La véritable autorité générale apparaît par le plus constant de tous les faits anthropologiques, par le consentement universel des
HOBIMES A GR£BH DANS TOUTE SOCIÉTÉ UN POUVOIR LÉ- GISLATIF, BIEN DISTINCT DU POUVOIR EXÉCUTIF ET DU
POUVOIR JUDICIAIRE, — Gompreuez , lecteur, toute la portée de cet aveu considérable de la consci^ce de l'humanité, se dressant tout entière contre l'orgueil de la conscience individuelle, pour liû dire : « // est con^ « forme à la nature d'établir^ dans toute nation, des « lois positives! »
Des lois positives î . . . . Alors, en se heurtant contre eUes, la conscience individuelle ne peut que choisir entre trois partis, savoir : ou se contredire elle-^méme; ou déclarer les lois positives coupables ou inutiles; ou reconnaître leur légitimité. — Développons les parties de ce trilemme .