‹ Conscience et science du devoir: introduction á une explication nouvelle duChapitre 180 sur 280 · PARTIE m. — GONSCIENGE DU DEVOIR. — LIVRE V · texte numérisé non relu

PARTIE m. — GONSCIENGE DU DEVOIR. — LIVRE V

Premier parti. —Se contredire elle-même. Si la ccmscience individuelle recœmatt que la conscience du législateur peut, de bonne foi , penser autrement qu'elle, alors la conscience individudle n'est plus la révélation infaillible du devoir.

Deuxième parti.— Z)éc/arer/e5 lois positives cou" pables ou inutiles.

Première supposition. — Lois positives déclarées coupables. Si les lois positives ordonnent des actions contraires à celles qu'ordonne la conscience indivi* duelle, celle-d doit les prendre en horreur. Violence sacrilège! Se peut-il? Le droit promulgué contredirait la révélation naturelle! ... Ce prétendu droit serait le non-droit. La société, qui ne peut s'en passer, deviendrait une erreur. Et vite, allons vivre isolés dans les bois, pour reconquérir notre foi sainte contre ces tyrans de notre foi, contre ces législateurs corrupteurs de ridéal, qui défont ce qui était bien fait!

Deuxième supposition. — Lois positives déclarées inutiles. Si les lois positives ne font que répéter des vérités suffisamment révélées par la conscience, elles sont sans but. A. quoi sert, dans une société, un pouvoir législatif? Le pouvoir exécutif et le pouvoir judiciaire ne suffisent-ils pas pour prêter main-forte aux honnêtes gens contre les méchants? Dès que Dieu, législateur souverain, a -inspiré le prince et le juge, éclairés directement par lui, qu'ont besoin le juge et le prince de l'impertinente parodie essayée dans les codes par les législateurs? Leur imposer la lecture de cette grossière contrefaçon, ne serait-ce pas , comme dit Bentham , u employer un roseau

GONSGIEIfCfi ET SOENŒ DU DEVCp.

(( pour soutemr un chêne? allumer un flambestu pour « ajouter à k lumière du soleil *? »

Et quant au juge et au prince, que penser des con^ ditions imposées à leur élection par les cwstitutiûns? A quoi bon demander qu'un fonctionnaire sache lire? L'homme le plus illettré ne peut-il pas êfare le meilleur grand-prêtre pour rendre les oracles du dieu?

Ce n'est pas tout. En présence du système de Tinspiration infaillible, quelle idée faut-il se faire du législateur divin lui-même, apportant des révélatîcms positives? Si l'homme, par cela seul qu'il s'est donné la peine de naître, connaît toute la morale, que cherchait donc Moïse montant au Sinaï? Que cherchait le peuple se pressant à la suite de Jésus, pour écoutai ses divines paraboles*?

Troisième parti. — Reconn(Utre la légitimité des lois positives. -^Pour recojanaître cette légitimité, il faut, de deux choses l'une, (m leur donner p(Mur mission de chercher quelque chose autre que le juste, ou leur donner pour mission de chercher le juste luimême.-— -Quelque chose autre que le juste? Quoi? L'utile? L'utile de quelle sorte? V utile qui s'apprécie par la sensibilité seule? Mais nous avons vu que c'est l'inconciliable enneîm àa ju^ste; que c'efit Y injuste l^i-

*■ Législation civile et pénale^ tom. I, chap. xm, n» 10.

* Les partisans de rinspiration infaillible ont souvent invoqué en leur faveur ce passage de saint Jean (cap. i, S 1) : « Erat lux vera quae illuminât « oinnem hominem venientem in hune mundum.» Ce passage (nous l'sivons dit avec les théologiens les plus accrédités) s'applique à la raison, mais ne 4it nullement qu'elle opère sans Tétude. Comment ceux qui, y lisent le dogme de l'étendue scientifique illimitée de la conscience ne voient-ils pas que, dans ce sens, il serait la négation même de l'utilité des quelques appliaition»^da4evoir que fo]*mal6 admirablement r Évangile?

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