‹ Conscience et science du devoir: introduction á une explication nouvelle duChapitre 181 sur 280 · PARTIE El. — GOMSdENGE DU DEVCHR. ^ UVRE V. t^T · texte numérisé non relu

PARTIE El. — GOMSdENGE DU DEVCHR. ^ UVRE V. t^T

même ; que €6 n'est pas même Y utile, car c'est YutUe mal entendu, donc le nuisible l — Serait-ce alors IV die qui s'apprécie par l'intelligence, Yutile bien entendu ? Nons avons vn que ce n'est rien autre chose que le juste. Alors les lois positives cherchent le juste... Oui, certes, c'est le juste qu'elles cherchent. En ddiors et au-dessus de chaque conscience individuelle, elles veulent constituer la science des applications du devoir : science immense et difficile, œuvre des labeurs incessants des consciences réunies, s'efforcant^ de substituer une direction unique à un milliard de directions contradictoires!

A vous, lecteur, de choisir entre les divers partis proposés par notre trilemme. — Pour nous, nous ne pouvons hésiter; nous nous inclinons devant le troi^ sjème. — Que, du haut de leur dédain, des philosophes, qui ne veulent pas être jurisconsultes , ne se donnent même pas la peine de parler des législateurs! Pour nous^ nous voyons dans les législateurs les {dus dévoués des serviteurs de Dieu. Et le respect universel, qui salue la légitimité de leurs œuvres, nous signale la véritable autorité générale en action : Toutarité générale qui réduit à une valeur purement relative les révélations de là conscience individuelle.

299, Le sens intime n'établit pas suffisammeta rinfaillibilité absolue de l'inspiration , et même il la contredit. — ^ Ici nous poserons à la bonne foi des partisans de l'infaillibilité de l'inspiration, cette ques-

* Nous disons i s'tffoftant..,, Noos nous séparerons plus loin de VÉcoU historique^ qui accepte comme hoa tout résoUst, quel qu'il sdt, de ces efforts*

i8S 00N8CIQIGE ET SCIENOB DtJ DEVOllt

tion : Êtes-Yous sûrs de n'avoir jamais confondu avec Tinspiraticm prétendue du «èns intime : 1<» les souvenirs de la tradition ? 2<» l'aperception d'un raisonnement rapide ? 3* les désirs de la sensibilité ? — Puis nous montrerons : 4<* le sens intime impuissant à trouver F infaillibilité dans l' application; 5« enfin le sens intime se contredisant lui-^même dans cette vtétention.

Première confusion. Confusion de Vinspiration avec les souvenirs de la tradition. — Pourquoi croiton voir rhomme distinguer le bien et le mal sans délibérer? N'est-ce pas eu vérité parce qu'il les distingue en délibérant peu et vite? Pourquoi délibère-t41 peu et vite? Parce que la science a marché; parce que les lois positives en ont éclairé les points usuels; parce que les leçons données par le père, la mère, le prêtre, le préceptear , <( dès avant que notre mémoire tint

« pour ainiH dire registre et marquât la date du

(( temps S» ont complété les ordres des législateurs par des conseils transmis d'âge en âge ^. Alors, toutes les fois qu'un homme n'est pas dans une de ces po^ sitions morales où le devoir lui parait difficile à comprendre, il applique des règles qui lui sont connues par une pratique habituelle : il les applique, sans avoir besoin de rechercher la filière de leur génération. Cest ainsi que l'homme instruit parle coi^(»'mément à la grammaire, sans faire, à chaque mot qu'il prononce, un travail grammatical théorique complet.

* U>cke, Essais sur VetUendement humain^ lîv. I, chup. n, $ 23.

* « Chacun ne peut voir qu'à sa lampe ; mais il peut man^ar et agira la * lumière d'autrui. » (IpDBBRt, Pensées.)

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