‹ Conscience et science du devoir: introduction á une explication nouvelle duChapitre 182 sur 280 · PARTIE in. — CONSCIENCE DU DEV(MR. — UVRE V · texte numérisé non relu

PARTIE in. — CONSCIENCE DU DEV(MR. — UVRE V

Deuxième confusion. Confusion de l'impiration avec Vaperception d'un raisonnement rapide^ — Il y a, objectera-t-on, des esprits rebelles à la tradition, et s'exerçant à la contredire dans les discours et dans les actes. Ceux-là, du moins, ne suivent-ils pas l'inspiration de la conscience ?.. . Nous répondons : ils ne la stiiventpas nécessairement. Ils appliquât souvent les résultats des théories particulières que leur raison a précédemment élaborées. Ils retrouvent à l'instant, quand ils en ont besoin, ces règles quç leur réflexion a combinées, comme le vulgaire retrouve les rè^es que la tradition^lui a transmises. Le nom d'inspiration peut ne pas plus convenir à cette reproduction d'un souvenir, qu'il ne convient aux mouvements précipités d'un pianiste habile , faisant perler les quadruples croches sous ses doigts habitués à frapper le clavier. « Quand nous marchons, nous n'avons pas « besoin de porter notre attention alternativement (( tantôt sur une jambe et tantôt sur l'autre, pour <( les faire avancer. Elles nous portent là où nous vou- ^ loQS aller; sans que nous ayons besoin de penser à

« elles Nous lisons, nous écrivons, nous parlons

« avjBC la même facilité*,... Si tous les jours nous « n'étions pas témoins de la peine qu'ont les enfants « à apprendre à marcher, à parler, à lire, à écrire, « nous croirions que nous exécutons toutes ces opé- (v rations sans les avoir jamais apprises, et que nos or- « ganes se meuvent daiis telle ou telle direction , comme c< notre sang circule, sans la participation de notre « volonté. Nous remarquons moins la manière dont c< se forment nos idées morales , précisément parce

M GONSGIBIIGB ET SCIETfCfi DU DBYOIR.

H que notre éducation commence plus de bonne heure,

c( et que nous en donnons et en recevons des leçond,

a à chaque instant et sans y penser. Il en est de ces

« idées comme de Fatmosphère qui nOus environne :

« nous ne faisons pas attention à la manière dont elles

« nous frappent, parce qu*ellés nouô pénétrât d«

(( toutes parts, et que notre caractère est formé avant

« que nous ayons aSse« vécu pour réfléchir \ »

Aussi une remarque importante se présente ici :

« Les personnes qui prétendent que le principe

(( d'action que nous avons reconnu ea nous, sûât

« pour nous faire distinguer ce qui est bien de ôe qui

« est mal, et qui pensent que rintdligence n^est pro*

« pre qu*k noiis égarer, se montrent, dans ^eur con-

« duite, peu convaincues de la vérité de leur systtoe.

(( Si elles ont des enfants> elles sont loiti de s'en rap<-

(c porer au sentimsnt intime pour leur faire discer*

«t ner le bien du mal Elles ne cessent de leur inspi-

« ï^er de Taversion pour le mensonge, de l'amour

it pour la vérité: elles répriment en eux les petits

« mouvements de vanité, de méchanceté qu'ils lais-

(t sent apercevoir; elles approuvent^ elles encoura-

tK gent les sentiments de bonté ou de bienveillanée

<( qu'ils montrent. Elles choisisscàît leurs petites so-

« ciétés avec une précaution qu'elles ne mettent pas

a toujours dans le choix de celles qui leur sont pro-

« près ; elles écartent d'eux> avec un soin extrême,

«tous les livres qui pourraient leur donner des idées

u fausses, ou leur inspirer de mauvais Bâtiments;

* Comte, Traité de tégiàlation^ lîv. î, thép, ty. v]

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