PARTIE ni. — œNSClENCE DU DEVOIR. — LIVRE V. S
n. — COIfSCIBNCB : — DÉTERMINATION RELATIVE DES OBJETS
« n faut, pour bien concevoir la notion du droit, avoir « actpiis des idées jnstes sur la manière dont l'homme
• doit agir conformément à sa nature rationnelle. — Et
• cette connaissance ne s'obtient que successivement, « après de longues recherches. >
(Ah&ens, Cours de droit naturel^ partie générale, chap. i, § 2.)
W, Toute application du premier 345. Science relative suivant les
principe du devoir est du do- temps, les peuplei^ et les in-
maine de la scienice, quant dividus.
aux objets de l'assistance 346. Distinction de deux sortes de
due par tout être à tout être. moralités : la moralité ab-
844. Toute application du premier solue et la moralité relative.
principe du devoir est du 347. Origine de Terreur qui présente
domaine de la science, comme a&so/ue la science de»
quant à l'étendue de l'assis- applications du devoir, tance.
343. Aussitôt que la conscience a dit, d'une manière absolue. Assistance due par tout être à tout être^ le rôle de la science commence immédiatement.
Assîâter un être c'est pourvoir à sa conservation, à son perfectionnement, a son bonheur. La formule mp pose donc ce premier problème : Que faut-il faire pour ma conservation, mon perfectionnement, mon bonheur, et, par conti*e-partie, pour la conservation, le perfectionnement, le bonheur des autres êtres qui ont droit à l'assistance? Plus brièvement, quel est l'objet de l'assistance? Qu'y a-t-il a conserver, à perfectionner, à rendre heureux en moi et en autrui ?
chaque devoir est absolu, cela est parfaitement vrai encore, à la condition de définir Tobjet de chaque devoir autrement qu'on ne le fait communément. — Mais si Ton dit, la révélation de chaque devoir est absolue, c'està-dire uniforme pour toutes les intelligences, on avance une proposition chimérique, contraire aux faits los plus évidents.
354 œifSŒENGB ET SCIENCE DU DEVOIR.
Est-ce le corps? Fâme? ou tous deux? Est-ce l'individu? Tespèce? ou tous deux? Dans ce monde? ou dans un autre ? ou dans les deux?. .. Comprenez, lecteur, rûnmensité de ces questions, dont la conscience ne donne certes pas à toutes les intelligences la réponse identique.
344. Toutes les sciences réunies chercheront hhjet de l'assistance. Puis la science morale demandera: Quelle est Vétendiie de l'assistance due? Dois-je réserver pour mon piopre bien-être une part supérieure d'efforts» et n'accorder à celui des autres qu'une part inférieure? Dois-je appliquer l'égalité d'efforts pour le bien d'autrui et le mien? Dois-je arriver au dévouement, c'est-à-dire sacnfier ma part de bien-être pour grossir celle d'autrui? Selon qu'on pi'endra l'une ou Tautre de ces mesures, l'horizon entier dès applications du devoir se déplacera. Or, la conscience in* dique-t-elle le choix à toutes les intelligences, d*une manière identique? Non évidemment,
345. Que reste-l-il donc à la conscience dans la détermination des objets et de l'étendue du devoitî Un sentiment relatif, proportionné aux luniières de cette conscience, c'est-à-dire à ses progrès dm^^ sdevtee. La science! Différente pour les divers siècles, selon, qu'ils s*éloignent plus ou moins du commeocemeilit du monde; différente pour les peuples d'mi Imême siècle, selon que les circonstances analysées par Montesquieu dans Y Esprit des lois, favorisent plus ou moins leur développement moral; différeute pour les individus d'une même nation, selon que^. jetés dans tel ou tel coin de Tuai-