‹ Conscience et science du devoir: introduction á une explication nouvelle duChapitre 233 sur 280 · PARTIE HI. — CONSCIENCE DU DEVOIR, r- ÉPILOGUE · texte numérisé non relu

PARTIE HI. — CONSCIENCE DU DEVOIR, r- ÉPILOGUE

raison des penseurs l'engage à réintégrer, au plus vite, dans le cercle du drçit positif perfectionné.

381 . En régumé, habitude constamment suivie par Fhumanité de distinguer le droit et la morale, de séparer les obligations et les devoirs proprement dits, de diviser le d^'oit en positif el naturel : tels sont les faits existants.

L'usage appelle législation, ou science de la légis' lation^ ou politique, ou science de la politique, la science de faire le droit positif; ceux qui s'en occupent prennent le nom de législateurs.

Il appelle science gouvernementale, la science des hommes chargés de faire exécuter le droit positif ; ceux qui s'en occupent prennent le nom d'hommes d'État.

Il appelle science du droit naturel, la science des écrivains qui publient des traités pour conseiller aux. législateurs de faire certaines lois; et ces écrivains prennent le nom de publicistes.

Il appelle éthique^ ^ ou morale, ou science de la moralcy la science de la partie de la direction de la liberté qui reste en dehors de la sanction extérieure des lois positives ; et moralistes, ceux qui l'étudient ou la prêchent.

Il appelle science du droit positif ou science du droit, la sdence du magistrat, du professeur, interprétant le sens des lois positives ; et il réserve à ces interprètes le nom de jurisconsultes.

Enfin qu'a-t-il fait du mot jurisprudence, si large sous la plume dUlpîen ?

t. Du mot grec s9oç, coutume.

n Fa réduit à indiquer seulement une ded n^ divisions de la sdence du droit positif, savoir : la connaissance de Thabitude des tribunaux d'entendre et d'appliquer d'une certaine manière une lo4 positive susceptible de plusieurs interprétations. « Cette aecc ception, j) disent MM. Aubry et RauS « tire son « origine de la haute considération dont les décîcc sions judiciaires ont toujours joui en France. »

382. Nous venons de voir comment se présentent, dans l'état actuel, les faits existants.— Nous connaissons les mots employés pour les désigner*— Venons à la question de la légitimité de ces faits, de l'exactitude de ces mots.

La société établit le droit positif ; l'individu cherche la morale^ et signale Je droit natureL L'humanité procède ainsi, avec une résolution inébranlable. Eh bien! les choses sont-elles ou non éxaclemeiit établies de cette sorte? En d'autres termes, à qui appartient la mission de chercher la science du devoir ? Est-ce à la,

société ? est-ce à l'individu? est-ce à tous deux?

30 QUESTION. — Unité des objets du» devoir»

38S. Par quels caractères se distinguent la direction eoHective et la direction individuelle de la liberté? ,

3Ô3. Supposons que nous reconnaissions la légitimité de la prétention de la société et de la prétention de l'individu : un autre problème se présentera. Quel eat l'objet de la recherche faite par la société? Quel est

* Sur Zachariœ, — Aj. Merlin, rep, (v» jurisprudence). — Lassaulx, I, &•

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