PARTIE I, -^ ÎDÈB DU DEVOIR. -^ LIVRE I
téleseope et le microsoope rendent plus visible la forme des corps, savoir : 1* l'attention et la réflexion ; 2Ma comparaison, lien des idées; S^" l'abstraction» qui sépare les propriétés de leur sujet, les propriétés entre elles et chaque propriété du tout ; â^» la généra* lisation, qui saisit les ressemblances et les réunit dans une notion commune; 5"^ le jugement immédiat, affirmant une proposition ; 6» le raisonnement, tirant d*un jugement connu un second jugement inconnu» par l'intermédiaire d'un troisième ^
40. Enfin à côté de l'être sensible et de Pétre intelligent, semble se mouvoir en vous un troisième être, celui qui veut librement, c'est-à-dire qui choisit, par une détermination intâîeuro indépendante, les résolutions qu'il lui plait ou non d'accomplir.
41. L'idée des trois éléments de notre ftme, sensibilité, intelligence, volonté libre, peut ainsi longtemps, par la contemplation de leurs caractères opposés, amuser notre curiosité. Toutefois il &ut qu'elle fesse place à une autre. N'estK^e pas par abstraction que nous avons séparé provisoirement trois fractions d'un tout indivisible ? Par-delà cette abstraction , une pensée plus générale ne va-t-elle pas reconstituer l'unité, en montrant la sensibilité, l'intelligence, la volonté, se combinant par des actions et réactions réciproques? Oui, et c'est dans une de ces combinaisons, dans l'action de l'intelligence sur la liberté, que va surgir l'idée qui fait l'objet de nos études , l'idée du devoir. Voyons comment.
* Bénitfd, PréeU de phaos(^hU (Psychologie, chap. tv).
j SS GONSdENCS ET SCUSKGB SU mSVOIlt
^ 42. Chaenn de nous, par tout usage de sa Tolonté»
parait produire des modifications sur lui-même et sur les autres hommes. Puis, à côté de nous et de boa semblables» sont d'autres êtres. Les uns, les animaux» paraissent souffrir de nos actions ou de nos abstentions à leur égard. Les autres, plus inertes en appa*rence, mais ayant également leur raison de subsister, semblent pouvoir, par nos actions ou nos abstentions, être altérés ou maintenus dans la destination qui leur est propre. Ce n'est pas tout. Des rapports peuvent être supposés existants entre le Créateur et la créa- ^ ture. S'il garde quelque sympathie pour son œuvre,
toute manière de se compoiter que suit un être libre doit avoir, aux yeux de cet architecte suprême, des effets désirables ou fêkcheux, en influant sur quelque
j partie de l'ensemble.
Sur quelque partie de l'ensemble je me trompe.
Cmnprenons bien que l'ensemble de la création étant prAnsément la résultante des rapports combinés de toutes ces parties, nul de ces rapports ne semble pouvoir être atteint sans toucher par contre-coup à tous les autres. — Par les modifications produites sur luimême, cha(iun de nous, en se causant plaisir ou doa-
I leur, ne cause-t-il pas nécessairement, d'une manière
médiate ou immédiate, un contre-coup de plaisir on de douleur pour d'autres êtres ? — Par les modifications produites sur d'autres êtres, chacun, en causant à ceux-ci plaisir ou douleur, ne cause-t-il pas nécessairement aussi, d'une manière médiate ou inunédiate, un contre^coup de plaisir ou de douleur pour lui-même? — Vous venez^ lecteur, d'ouvrir ce tivjre» Il