‹ Conscience et science du devoir: introduction á une explication nouvelle duChapitre 58 sur 280 · PARTIE II. -^ FOI AU DEVOIR. -^ UVRE I. T · texte numérisé non relu

PARTIE II. -^ FOI AU DEVOIR. -^ UVRE I. T

95. Chassé du domaine de raction, le doute ne rentre pas longtemps dans celui de la spéculation. Les époques où il règne sont de courte durée. L'humanité se réfugie au plus vite sous les ailes d'une foi nouvelle, et la philosophie est écoutée, apportant cette bienheureuse promesse : <( L'imagination de la « nature dort dans la pierre, rêve dans l'animal; dans « l'homme, parvient à une véritable connaissance de <( soi-même*. »

Pour renverser le scepticisme, on prend trois moyens. — On lui montre son inconséquence. — Puis on l'ébranlé en rétorquant contre lui ses objections. — Enfin on l'attaque directement par l'analyse de la raison.

96. Premier moyeu. Démonstration de l'incon^ séquence du scepticisme. — Cette démonstration se fait par ce dilemme : Ou vous affirmez votre doute, ce qui n'est plus douter ; ou vous doutez même de votre doute, ce qui est l'affaiblir ^.

97. Deuxième moyen. Objections du scepticisme rétorquées, — Quand le scepticisme accuse ses adversaires de prendre pour réalités des hypothèses, on lui répond qu'il présente seulement lui-même deux hypothèses. — En effet, il appuie d'abord sondeuse

a cisme est une espèce d'exercice gymnastique sômUable à celui de ces « gens qui marchent sur leurs mains pour amuser le public. » « Hais^ a ajoute Reid, on ne remarque pas qu'ils fassent de longs voyages de cette « manière. Détournez les yeux et cessez d'admirer leur adresse; ils re- « tombent sur leurs pieds comme les autres bommes. »

• Scheliing.

« « Nil sciri si quis putat, id qûoque nescit

« An sciri possit quod se nil acire fatetur. »

tS CONSCIENCE ET SOENCR DU DEVOIR.

$ur timperfection des résultats obtenus jusqu'à ce jour dans le champ de la connaissance. Or, prétendre que des résultats imparfaits aujourd'hui ne peuvent pas se compléter demain, c'est conclure du non -être à la non -possibilité « a non esse ad non posse, » conclusion qui n'est qu'une première hypothèse. — En second lieu, le scepticisme appuie son doute sur la subjectivité de Vagent faillible qui cherche à connaître. Or prétendre que, parce que cet agent peut se tromper, il se trompe toujours , c'est conclure de la possibilité à l'être « a passe ad esse, )) conclusion qui n'est qu'une seconde hypothèse.

En soutenant, contrairement à la première hypothèse du scepticisme, que les résultats incomplets des sciences peuvent se perfectioimer , le dogmatisme positif présente l'espoir plus consolant d'un succès plus probable. N'a-t-il pas en sa faveur la démonstration résultant d'un commencement d'expérience, qui nous montre chaque jour la découverte de quelque loi inconnue la veille? Toutes les lois, il est vrai, ne sont pas connues. . . Patience. La condition pour trouver, c'est de chercher, d'essayer, donc de se tromper? Or, qu'est-ce que se tromper? Ce n'est pas prendre la non-réalité pour la réalité, c'est mal mesurer la proportion d'une réalité dans l'ensemble des réalités. Entrons au fond des choses. Voici tel résultat mieux analysé aujourd'hui qu'hier : s'ensuit-il que le résultat, moins bien analysé hier, Mt la négation de toute vérité? C'en était seulement un degré diminué ou exagéré, ce un rayon brisé, y> comme dit Herder.

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