PARTIE n. — FOI AD DEVOIR. — LIVRE I
Lamennais ^ ajoute avec raison : « Rien n'est absolu*^ « ment faux, sans quoi on ne pourrait pas même (( Texprimer. Quelle parole pourrait comprendre ce (( qui n'est pas? Il n'y a pas de langue du néant'. »
Et de même en soutenant, contrairement à la seconde hypothèse du scepticisme, que Vagent faillible peut ne pas $e tromper, n'exprime-t-on pas une probabilité plus grande qu'en soutenant que l'agent faillible se trompe nécessairement toujours? L'esprit n'esl-il pas plus à l'aise dans une certaine confiance que dans une perpétuelle défiance? En vérité, il se torture en soupçonnant dans nos organes un mécanisme toujours trompeur, adapté à des illusions produites par le hasard qui le ballotte ou par un Dieu moqueur qui le mystifie. Et ne faut-il pas un grand courage pour conclure de la possibilité de l'ironie de la création à l'affirmation de cette ironie?
Mais rétorquer n'est pas réfuter. En rétorquant, qu'apprendrons-nous, notamment sur le devoir? Hâtons-nous donc d'arriver à la protestation plus directe de l'âme humaine contre le scepticisme.