PARTIE IL — roi AU DEVOIIt — UVRE IV. iSl
« Tai^e, fait la l^te ^» Puis voici M. Cousin, qui dé* montre plus patiemment, en psychologue attentif, a qu'on ne peut pas aimer ce qu'on ignore*..» que la a raison précède et le sentiment suit..*, qu'absorber (c la raison dans le sentiment, c'est étouffer la c»jse a dans l'effet^. » — Hâtons-nous d'ajouter': inartie coupable! Car la première de toutes les vérités, c'^ que la vie est une lutte. La Genèse rannonoe : « In sudore vtUtus lui vesceris ^ / » Un proverbe vulgiaire va répétant : c< Aide-toi^ le ciel t'aidera *. x»
151. Entre l'abîme où tombe un rationalisme exclusif, et les nuages où se perd un illuminisme ébloui, suivons le consal de Dédale à Icare :
inter utrùmque tene.
Vassaux révoltés, ne représentons pas l'architecte saipréme dormant immobile à côté des sphères, après avoir donné la chiquenaude qui les a mises cq mou** vement^. Mais pourtant, travailleurs soumis, ne nous endormons pas avant la fin de la journée. Sachons que le devoir, dans ce monde, « est de combattre plus
*■ Penêéa, '— GomfMirez Charron^ qui a dit à peu près de même*
* Voir Téloquente leçon 5« de M. Cousin, dans Touvrage intitulé s LeVrat, ie beau, le bien,
* Genèse^ chap. ni, S 2, vers. 19. — « Homo nascitur ad laborem, ut avis ad volatum. » (Job, cap. v, S 1» vers. 7.)
* On dit dans le pays basque : « Dieu est bon ouvrier ; cependant il veut « qu'on Taide. » (Ferdinand Dems, Le Brahir^e voi^eur.)
* Expression de Pascal. « Je ne puis, disait-il, pardonner à Pescarlefi. < Il voudrait bien, dans toute sa philosophie, se passer de Dieu. Mais il n*a « pu s'empêcher de lui accorder une chiquenaude, pour mettre le mcmde « en mouvement. Après cela, il n'a plus que faire de Dieu. y> — M. Tahbé Gratiy (De la eonnamanoe 4e Dieu) signale l'injustice de rae«n8«tion de Pascal coatre Descaartea.
ir>i CONSCIENCE ET SCIENCE DU DEVOIR.
« encore que de vaincre... que le repos dans Famour c( ne peut être tout au plus qu une halte dans la carc< rière, une trêve dans la lutte, ou plutôt une autre c< manière de combattre * . » Si le mysticisme in tuto, queBossuet oppose au quiétisme, prêche le repos, «ce ce repos c'est un acte, le plus parfait de tous les actes, ce qui , loin d'être l'inaction, nous met pour ainsi dire a tout en action pour Dieu. » S'il paiie de la mort, c( cette mort n'est pas l'anéantissement de notre « âme ou de ses facultés, c'est l'anéantissement de « i'égoïsme*. »
Qiercbons le vrai au milieu des deux opinions extrêmes. En donnant la liberté à un être fini, Dieu la lui a donnée finie! Il doit exister un point d'intersection où la tutelle octroyée à notre raison se croise avec la tutelle conservée par la puissance divine ; où se concilient, sauvegardées dans une proportion légitime, cette liberté limitée et cette illimitée majesté '.
1 52. Homme, poursuis ta tâche avec courage ! Peutêtre ce point d^intersection t'apparattra. Suppose un
« M. Cousin, Le Vrai, le beau, le bien, 5* leçon.
s Bossuet (cité par M. l'abbé Gratry, De la connaissance de Dieu, tome I, pag. 334, 429, etc.)
* L'histoire de la philosophie est éminemment curieuse. Pour la faire utile, il faudrait ne pas se borner à passer en revue les apparitions successives des systèmes différents tour à tour enseignés dans les siècles passés. Je trouve beaucoup plus spirituel qu'exact ce passage de Sainte- Beuve {Port'Reyal, livi II, pag. 374) : « L'esprit humain a, je le crois, une a infinité de manières différentes de faire le tour de sa loge et d'en fureter « les coîns ; mais elles peuvent se rapporter à quatre ou cinq principales. « Ce qui a fait dire qu'en matière de philosophie, et si on ne s'élève pas au- « delà, l'humanité joue auxijuatre coins changés. »
Pour moi , si j'entreprenais ce grand ouvrage, je ferais tourner tous les systèmes philosophiques sur un seul pivot, savoir, «ur l'examen de là mar nière dont tous ces systèmes ont compris la^iberté de l'homme. Toutes* là.