C'est ici que la philosophie arrive à cette
* M. l'abbé Gratry, De la connaissance de Dieu.
* « Ijes choses tout à fait mauvaises^ on ne les veut pas, » dit Platon
(GorgiaSf traduction de M. Cousin).
« Il suffit de bien juger pour bien faire... Omnis peccans est ignorans.
(Descartes.),
paitie d'elle-même que nous aTons appelée reUgiùn ^ Sans cette partie, elle est incomplète. La rakon qui «'est bien comprise ne peut croire que tout lien soit brisé entre elle et son auteur. Dire à l'homme, tu peux tout, même forcer la main à Dieu^ c'est kri inspirer un dangereux orgueil. Sans le décourager, sans nier les mérites du bon usage de la liberté, ne fàut41 pas lui laisser entrevoir quelque chose à obtenir de la bonté du père des humains?
Les plus haut placés entre les philosophes ont aperçu cette nécessité. Platon , dans lé Jlf enon, rapporte la yerlu à la grâce*. Écoutons, parmi 1«b jurisconsultes proprement dits , Pufïlradwff : « Si c( Dieu devient en quelque manière déUteur des hom- « mes , ce n^est jamais qu'en vertu d'une pro- « messe gratuite '. » Eti Descartes fait ausâ cet aveu : « Nous ne pouvons ne pas croire que toute « chose dépende de Dieu, et que par conséquent notre ot libre arbitre n'en est pas exempt *. »
165. Mais ce lien entre le Créateur et la créature, ce li^ révélé par ce qu'(m appelle la foi natureUe * ,
* Les premiers chrétiens appelaient la religion philosophie.
Religion, gtiod ligat i «Ce qui rattache le fini h linfiiii,)» aulT&nt àaint Augustin, ou < ce qui rallie et unit ensemble les hommes, que leurs pas- « sions rendaient sauvages... » suivant Fénelon. '
• AnaljTse d'une leçon de M. Adolphe Gamier, par M. Rigault.
{Journal des Débats du 8 mars 1855.)
Montesquieu {Esprit des lois, Hv. X) emprunte aussi cette pensée à Platon : « Ceux-là sont impies envers les dieux qxd nient leur existence, ou « qui raccordent, mais soutiennent qu'ils ne se mêlent pas des choses « d'ici-bas. »
s Droit de la nature et des gens (liv. I, chap. n, S S*)
^ Lettre vii à la princesse Palatine. Édition Oamier.
> Voir M. l'abbé Gratry, De la connaissance de Dieu^ partie II, chap. va.