‹ Conscience et science du devoirChapitre 106 sur 331 · PARTIE IV. — SQENGE DU DEVOIR. — LIVRE HL · texte numérisé non relu

PARTIE IV. — SQENGE DU DEVOIR. — LIVRE HL

(( nérales, quoique nous ue soyons point capables de « démêler cette conformité. C'est comme il y a quel- (i quefois des apparences d'^irrégularités dans les ma- « thématiques, qui se terminent enfin dans un grand « ordre, quand on a achevé de les approfondir. » Celte observation a été traduite de nos jours (si nos souvenirs ne nous trompent pas), dans la théorie scientifique de la négation des monstres, par le rival de Cuvier, Tillustre Geoffroy Saint-Hilaire. Nous ne concevons pas la possibilité de la contredire.

S60. Il en est de même dans Tordre moral. c< Comme u il n*y a pas deux feuilles qui soient les mêmes, il (( n'y a pas deux hommes absolument les mêmes par « le corps, par les sens, par Tesprit, par le cœur *. » Aussi il n'y en a pas deux, dont la conduite morale puisse être appréciée sur une mesure commune. , 561. C'est ainsi, du moins, que nous concevons la justice de Dieu. Vingt âmes, je suppose, comparaissent devant lui. Ceux qu'elles ont animés, ont tous commis le fait qu'on appelle médisance. Us ont tous révélé les fautes d'autrui. Sera-t-il rendu contre elles un arrêt uniforme, au gré d'une prohibition générale ainsi conçue : « n ne faut pas médire?» — Nous avons déjà démontré (tome I, n"" 335) que la médisance peut être un devoir. La loi humaine la considère elle-même ainsi, quand elle appelle, devant les tribunaux criminels ou civils, les témoins d'un fait coupable, pour raconter ce qu'ails ont vu ou entendu» — La justice divine adoptera

* Cousin, Le Vraiy le beau, le bien, 12* leçon.

les distinctions de la justice humaine. — De plus, elle les perfectionnera.

Même quand il s'agira de punir une médisance répréhensible, cette justice ne tiendra-t-elle pas compte de toutes les circonstances au milieu desquelles celui qui a médit se sera trouvé? de son éducation? de son tempérament? de la faiblesse et des erreurs de son intelligence? de la force des provocations? enfin de tous les motifs qui Tout engagé à afOiger son irère?... Nous ne pouvons en douter. Devant le tribunal de Dieu, où nulle loi ne reste dans l'ombre, mille individus, ayant commis le même fait matériel, auront commis mille faits moraux par faitement différents. Chacun d'eux (jugé par le code de toutes les vérités morales, réunies en leur auteur), sera diversement récompensé ou puni, suivant sa contribution plus ou moins malfaisante ou bienfaisante ce à l'ensemble des c< moyens employés par la Divinité pour assurer Fexé- « cution du plan général du monde *. »

En résumé, point de faits généraux proscrits en masse, sur la seule étiquette du sac^ comme dit une locution vulgaire. Jugement de toute action d'un être intelligent et libre, par la combinaison particulière de toutes les lois, en présence de cette action considérée uniquement en elle-même : voilà l'idéal de la science du devoir, telle quelle apparaît dans la pensée divine,

662. Pâle reflet de cette pensée divine, la science humaine doit du moins s'efforcer d'approcher le plus près possible de cet idéal. Les dénominations de

* Ahrens, Cours de droit naturel, partie générale, chap. i, J <j.

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