‹ Conscience et science du devoirChapitre 107 sur 331 · I>ARTIE IV. — SCIENCE DD DEVOIR. — LIVRE III · texte numérisé non relu

I>ARTIE IV. — SCIENCE DD DEVOIR. — LIVRE III

meurtre, calomnie, voU etc., par lesquelles elle désigne provisoirement certains faits, envisagés dans leurs caractères extérieurs, doivent être sans cesse par elle remises à l'étude. Il faut analyser chaque jour, de plus en plus, les innombrables variétés de ces faits, pour arriver à rendre à chaque âme humaine CE QUI LUI EST BU, sa part proportionnelle au blâme ou àréloge.

663. Loin de nous donc l'erreur qui, procédant en sens inverse de cet idéal, compose, sous le nom de morale ou droit naturel , certaines vérités vagues et grossières qu'on appelle générales; puis laisse le droit positif apporter arbitrairement, à ces règles générales, de prétendues exceptions arbitraires, dont il ne se donne même pas la peine de rendre compte!... La vérité est en sens différent. Elle nous montre le droit positif, le droit naturel et la morale cherchant, par une analyse de tous les détails, l'idéal de Tensemble des règles du devoir, successivement dégagées et combinées dans leurs rapports : idéal qu'on pourrait définir ainsi : diversité infinie dans l'infinie unité ! — et puisque l'objet du droit positif, du droit naturel et de la morale n'est (jue la poursuite de ce même idéal, reconnaissons leur parfaite identité dans tous leurs caractères essentiels * !

< Reconnaissons même que, tout au rebours des opinions vulgairement reçues, ce n'est pas le droit positif qui subdivise les règles trop générales endroit naturel \c'q%\. le droit naturel qjûi accuse le caractère pror;isotre trvp général des règles du drot^ positif.

DEuxiiMB Proposition. — Distinction des objets du droit positif, ôm droit iiATDRiL et de la morale, par des di/férences accidentelles et transi' toires,

564. Droit positif y droit naturel y morale : ces trois directions, momentanément différentes, sont nées ensemble, avecThomme social. Elles le conduiront jusqu'au jour (si ce jour doit arriver) où elles se confondront. Tant que ce jour se fei*a attendre^ les différences accidentelles et transitoires qui les sépareront» s'appelleront ainsi : Différences résultant de la marche successive des progrès de la science.

565. Dans toute société, dès sa naissance, nous voyons en présence, à côté l'un de l'autre, le législateur, le publiciste et le moraliste.

Le législateur est appelé à faire de son mieux, en essayant de formuler les règles du devoir. par le droit positif. Mais, nous l'avons vu (n» 467), il est homme; il peut mal faire. Quand même il serait parfaitement capable de bien faire, il ne peut ouvrir tout entière sa main pleine de vérités, si le jour de ces vérités n'est pas venu pour le peuple qu'il est charge de civiliser.

Voyez l'instituteur habile : un enfant lui est confié. Son zèle voudrait transformer en ange l'élève aux instincts indociles. Mais il ne peut faire ce miracle : alors il emploie des moyens plus ou moins artificiels, pour obtenir le moindre des maux, avant d^obtenir le bien. -^ Comme le précepteur intelligent, le législateur observe le caractère dé la nation qu'il gouverne; il voit jusqu'à quel point il peut avancer successivement dans la voie du devoir, et demander des vertus sans risquer

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