‹ Conscience et science du devoirChapitre 110 sur 331 · PARTIE rV. — SaENCE DU DEVOIR. — UVRE III. iM · texte numérisé non relu

PARTIE rV. — SaENCE DU DEVOIR. — UVRE III. iM

Quant aux expressions morale philosophique et morale religieuse, elles ne sont malheureusement que des mots d'ordre d'une guerre que nous voudrions voir cesser. '— Pour nous, la prétendue morale d'une mauvaise philosophie, c'est l'immoralité : n'en parlons donc pas. — Mais la morale d'une bonne philosophie ne diffère pas, même d'un iota, de la morale religieuse.

Nous ne comprenons pas davantage la distinction de la morale sociale et de la morale individuelle.

Disons, avec un auteur* : «S'il y a deux morales, « il n'y a plus de morale. »

571 . La division du droit naturel en pur ou proprement dit, et appliqué {Voy. plus haut, n* 542), et aussi la subdivision {ibid.) du droit naturel pur ou pro^ prement dit en droit naturel pur absolu (réglant les droits innés), et droit naturel pur hypothétique (réglant les droits acquis), ne sont à nos yenx que des complications inutiles.

Inutiles!.... c'est dire trop peu. Ajoutons qu'elles sont nuisibles par leur obscurité, dangereuses même parleur fausseté. — Toute cette érudition, conséquence du faux point de vue qui considèi-e le droit positif, le droit naturel et la morale^ comme trois directions essentiellement différentes, tombe entièrement devant la simplicité de l'idée de notre livre.

572. Parlons enfin d'une dernière distinction; c'est celle des règles de la législation et des règles de f équité. Les amateurs de nuances philologiques la proposent comme une subdivision du droit naturel. — Us

< Jule» Simon, Le Devoir, pag. UàS.

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emploient le mol règles de la législation, pour indiqaer spécialement les connaissances acquises par Fécoiiomiste, par le statisticien proposant Famélioration de la partie des lois positives qui recherche Futilité publique. Ils préfèrent le mot règles de l'équité, pour indiquer les méditations de Fhomme de bien, proposant Famélioration de la partie des lois positives qui recherche Fapplicatiou de Fégalité privée... Cette distinction nous est suspecte : elle se rapproche trop des systèmes qui refusent d^'absorber Yutile dans le juste.

573. Concluons. Nous no voyons entre ces trois recueils de règles, droit positif , droit naturel, morale, qu une différence de modalité accidentelle; c*est celle des degrés respectifs de perfectionnement qu^iU supposent dans la science des mêmes objets du devoir. c( Platon avait dit que le temps est l'image mobile de (( l'éternité. Nous pourrions dire de même que la loi (c est le reflet ou l'évolution progressive du principe « éternel du droit ^ . »

Dans toute autre science que la science de la distinction du juste et de Finjuste, on ne se sert pas de divers mots» pour distinguer les résultats actuels acquis par Fétude, et les résultats à acquérir. — La chimie s'appelle chimie, soit qu'on parle du recueil des observations qui ont formé la liste des corps classés aujourd'hui, soit qu'on prévoie un recueil d'observa-

* Ahrens, Cours de droit naturel, partie générale, chap. u, ( 9. — Coiiip« chap. I, § 3.

• Ethicum prindpium ad setemam libertatem accommodandum. >

(Warnkoenig, Doctrina juris philosophica^ introd., cap. n.) « Utraque justi notio ex eodem fonte profluit. Utraque omnino ethica est. »

(Id., ibid., cap. ii, % 23.)

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