PARTS IV. •- 8CIBNGB DU DEVOIR. ^ LIVRE IH
tkxna ultérieures qui ajoutercmtde nouveaux corpa à la liste, ou eu retrancheront. — Au contraire, dans la science du juste et de Tinjuste, on oppose, par des noms différents, la science d'aujourd'hui à celle de demain. Le droit positif ou naturel , c'est la direction que la somme actuelle des vices d'une nation lui permet d'accepter présentement du pouvoir social : la morale j c'est la direction meilleure que la méditation privée enseigne aux esprits d'élite, et que la civilisation progressive enseignera aux masses, quand la somme diminuée des vices laissera place a une intelligence plus susceptible de se plier au joug du devoir* : •i bien que (ceci semble un paradoxe, et cependant est mathématiquement vrai) le moment opportun pour risquer une loi, c'est le moment où, acceptée d'avance par la majorité , elle n'est déjà plus nécessaire que contre la minorité.
574. Les distinctions d'un for intérieur et d'un for extérieur^ d'une société spirituelle et d^une société tent" porelley ne sont que des manières d exprimer l'imperfection d'une société unique, tendant à mettre en harmonie tous ses éléments. — ^Y parviendra-t-elle? Verrat-on luire une ère meilleure, où les nations, adoptant de plus en plus un droit uniforme révélé par la science, deviendront, au moins de cette manière, une seule nation^? où les esprits, entièrement éclairés sur l'i-
* C'est là peut-être ce que pensaient instinctivement les poètes qui ont parlé de Tâge d'or, et les philosophes qui ont rêvé un état anté-social. — Les premiers fils d'Adam ne formaient qu'une société ; le fractionnement de leurs descendants en nations diverses a été une décadence. •— On peut, à ce point de vue, regretter l'unité primitive dans le passé, et se demander «'il est possible de la reconstituer dans l'avenir.
GONSCIBNCE ET SOENGE OU DEVOHU
dmtiflcation de l'utile dans le juste, et des intérêts des particuliers daus ceux de Tespèce, verront si nettement les conséquences du mal moral qu'ils reculeront devant elles, et les conséquences du bien moral qu'ils ne résisteront plus à leur séduction?... Cest le secret d*un lointain avenir!
Mais si la perfection est bien dif&dle à espérer, gardons, à tout événement, la foi qui mène, sinon à elle, du moins vei*s elle! Croyons au type commun dans lequel doivent s'absorber le droit positif, le droit naturel etlsL morale!
Gonunent un être intelligent peut-il dire : Je crois EN UN SEUL Dieu, sans ajouter : Je crois en une seule
LOI, VOLONTÉ unique d'uN SEUL DiEU?
TITRE IV
CONaLIATION PRATIQUE DES DIFFÉRENCES ACCIDENTELLES ET TRANSITOIRES QUI DISTINGUENT LES OBJETS DU DROIT PO- SITIF, DU DROIT NATUREL ET DE LA MORALE.
I Opposer la nature à la loi, sa raison à Tasage, et I sa conscience à Vopinion, ce n'est qu'opposer l'incer - « tain an certain, l'inconnu au connu, le singulier à • l'universel. • (Joubeet, Pensiet.)