‹ Conscience et science du devoirChapitre 120 sur 331 · PARTIE IV. — SaBNCE DU DEVOIR. -*• UVRE IV. Ml · texte numérisé non relu

PARTIE IV. — SaBNCE DU DEVOIR. -*• UVRE IV. Ml

ques, la pensée de l'humanité, pour la comparer à celle du législateur? — Et cette pensée du législateur lui-même, si elle laisse quelque doute, ne seront-ils pas involontairement portés à l'interpréter suivant leur propre doctrine, dont ils subiront le joug? Si de Donald et Cabanis, si de Maistre et Yolney ne déposent pas le même vote dans l'urne législative, croiton qu'ils seront plus aisément d'accord pour combler les lacunes, expliquer les obscurités, généraliser les combinaisons, apprécier les dispositions et proposer le changement d'un code ^ ?

598. Loin de vous donc, jeunes gens qui venez étudier dans nos écoles, loin de vous la paresse qui voudrait se contenter de notions incomplètes ! Quelles que soient les carrières que vous suivrez dans la société, une doctrine pratique, historique et philosophique, munie de tout ce qui peut vous éclairer, vous est nécessaire.

En recherchant cette doctrine, vous verrez s'évanouir, comme vaine chimère, le reproche d'aridité qu'on fait injustement à la science du devoir. Ce reproche ne peut avoir crédit qu'auprès de ceux qui considèrent les lois comme un acte purement arbi-

* Ahrens {Cours de droit naturel^ Introduction, chap. iv), démontre combien, pour combler les lacunes et expliquer les difficultés des lois, le moyen grossier consistant à invoquer Tanalogie d'un texte ayec un autre, est dépassé par l'étude des principes philosophiques.

Domat demandait s'il n'y avait pas quelque compagnie ot Ton examinât sur le bon sens comme sur la loi ?

Rabelais, fort sérieux quand il veut l'être, reproche à Accurse, àBalde, à Barthole, de n'avoir pas entendu la moindre loi des Pandectes. Pourquoi ? « Les lois, dit-il, sont extirpées du milieu de philosophie morale et natuc relie. Comment l'entendront ces fous, qui ont, par Dieu ! moins étudié « en philosophie que ma mule ? »

lit CONSCIENCE ET SCIENCE DU DEVOIR.

traire de la puissance sociale. Si vous dtes, au con* traire, de ceux qui voient* dans le législateur, Tinstrument de Thumanité poursuivant le but mystérieux de la création, si la science du devoir est, à vos yeux,

la recherche de la cause finale de toutes choses

vous n'accuserez pas cette science d'aridité! Loin de là. Vous serez bien plutôt tentés de lui reprocher l'excès de richesse et d'étendue : « et si votre découle ragement survenait, ce serait en vue, non de l'exi- « guité, mais de la sublimité du problème * ! »

Evitez, de toutes vos forces, ce découragement! Gardez fidèlement le dépôt des études sérieuses ! Croyez, avec nous, que l'exploration du passé, la connaissance du présent, la méditation sur l'avenir constituent, non pas plusieurs sciences, mais plusieurs aspects indivisibles de l'unité de la science! En cultivant yotte intelligence, ayez surtout pour but de lui donner l'activité qui cherche à eonstiuire! Écoutez ces belles paroles de saint Bernard : <( Lacère et ardere perfeC" u tum est... Sunt quidam qui sciunt ut sciant, et est a curiositas ; sunt quidam qui sciunt ut sciantur^ et a estvanitas; sunt quidam qui sciuiit ut lucrentur, et a est cupiditas ; sunt quidam qui sciunt ut ^difigent, « et est cHÀRiTAS ! »

* FnmUrs Essais de philosophie, pag. 8.

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